La première révolution opérée par Zinédine Zidane concerne la structure même du jeu. Loin des expérimentations défensives qui ont caractérisé la fin du mandat de Didier Deschamps, le nouveau sélectionneur a tranché en faveur d’un retour au 4-3-3. Ce choix tactique n’est pas anodin : il permet de garantir deux impératifs stratégiques, à savoir l’instauration d’automatismes dans les déplacements et une meilleure occupation de l’entrejeu. En abandonnant le rôle de Kiki dans l’axe pour privilégier un milieu plus équilibré, Zidane a redéfini la hiérarchie des priorités. L’objectif affiché est clair : construire une équipe capable de s’imposer même lorsque les conditions ne sont pas idéales, à l’image du Real Madrid sous sa direction.

Le retour en grâce d’un flanc gauche historique

Au sein de cette nouvelle architecture, Kylian Mbappé retrouve son poste de prédilection. Zidane a imposé son choix : Mbappé demeure la menace majeure pour l’adversaire mais il est contraint de jouer sur le côté gauche, loin de l’axe où Didier Deschamps l’avait maintenu. Ousmane Dembélé reprend ainsi sa position naturelle d’attaquant mobile ou faux-neuf, celle qui lui a valu son titre de Ballon d’Or au PSG, permettant à Mbappé de frapper en contre-attaque là où il est le plus redoutable. Ce redéploiement permet (souvent) à Mbappé d’arriver lancé là où il est le plus dangereux, et surtout, offre à Dembélé la liberté nécessaire pour faire étalage de son talent face au but.

Une efficacité tactique immédiate mais un chantier en cours

Lors du match à Bruxelles, Jéremy Jacquet a validé son avenir comme capitaine de la défense tandis que Lucas Da Cunha dominait au milieu. Tous deux étaient inconnus en équipe nationale. Sur les deux rencontres disputées, vingt joueurs différents ont été appelés, Leny Yoro étant le seul exclu du terrain. Malgré leur agressivité et une bonne maîtrise de la balle, face aux Diables rouges, l’effectif a obtenu 92,8 % de réussite au passe. Cela démontre que Zizou souhaite non seulement un jeu défensif haut mais aussi une installation stable dans ce secteur.

Un bilan mitigé mais une identité en construction

Bien que le bilan reste parfait avec six points acquis sur six possibles après deux matchs, les victoires ont été serrées (0-1 contre la Turquie et 0-1 en Belgique). L’équipe est encore en phase de construction loin de son plein potentiel. Zizou bâtit déjà un style efficace, rappelant son passage au Real Madrid où l’opportunisme permettait de gagner même sans domination totale, remportant trois titres consécutifs.