La Fraternité des policiers et des policières de Montréal a clairement exprimé son opposition à ce processus qu’elle qualifie d’arbitraire. Selon M. Francoeur, cette méthode de congédiement administratif n’apparaît nulle part dans l’historique des relations de travail du corps policier et ne respecte pas les règles de justice naturelle. Le syndicat craint que cette procédure, qui permet au directeur de retirer la cote d’accréditation sans passer par un processus disciplinaire classique, ne soit préjudiciable pour le futur des autres membres de la Fraternité.

Une rupture avec la tradition policière

Le dirigeant du corps policier, Fady Dagher, a expliqué lundi que cette mesure exceptionnelle était nécessaire pour l’intérêt public. Il s’agit d’une procédure distincte des enquêtes criminelles qui se poursuivent sous la responsabilité du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Le directeur a affirmé avoir consulté les avocats de la Ville avant de procéder à ces congédiements. Pour lui, il était essentiel de chasser l’impunité perçue par le public.

Cependant, cette approche a soulevé une vive colère chez Yves Francoeur, qui estime que le SPVM aurait dû opter directement pour un processus disciplinaire rapide permettant aux agents de se défendre avant tout renvoi définitif.

La défense des principes et la règle de droit

Dans son communiqué, M. Francoeur a souligné que si les allégations s’avéraient véridiques, elles contreviendraient profondément aux valeurs du regroupement. Toutefois, il a insisté sur le fait que la Fraternité défend avant tout des principes fondamentaux. Il a dénoncé l’idée que le droit encadrant le lien d’emploi puisse être réécrit unilatéralement par l’employeur selon ses convenances personnelles dans des circonstances données. La direction du SPVM a indiqué que les policiers congédiés ne satisfaisaient plus aux critères de bonnes mœurs et de bonne réputation requis pour conserver leur accréditation.

Un bilan contrasté pour le corps policier

Pendant ce temps, Fady Dagher a profité de l’occasion pour insister sur les réalisations du reste de son personnel. Selon lui, 99 % des agents ont offert en 2025 l’un des résultats les plus solides du SPVM depuis de nombreuses années. Pour le directeur, la culture de ce groupe majoritaire est celle du respect, de l’intégrité et de l’engagement. En revanche, ce sont ces sept individus écartés, représentant la minorité de 1 %, qui affaiblissent cette confiance aux yeux du responsable.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a salué ce geste sans précédent pour rebâtir la confiance des citoyens, tandis que l’opposition réclame des explications supplémentaires du directeur devant le conseil municipal.