Le directeur du SPVM, Fady Dagher, a tenu une conférence de presse au quartier général pour expliquer cette mesure sans précédent. Il a affirmé que ces congédiements relevaient de la procédure administrative prévue à l’article 115 de la Loi sur la police, permettant de retirer la cote d’accréditation à des agents ne respectant pas les normes de bonnes mœurs. Selon M. Dagher, cette action vise à démontrer qu’il n’y a plus d’impunité et que des conséquences suivent désormais les comportements inacceptables.

Une minorité selon la direction

Dans son allocution, le chef du corps policier a insisté sur le fait que seuls un petit nombre de ses membres sont concernés par ces allégations. Il a déclaré : « C’est toutefois le 1 % de mauvais policiers, dont font partie les sept congédiés, qui brisent la confiance ». Pour lui, il s’agit d’une minorité agissante et non d’une culture générale au sein de l’institution. Il a également souligné que ces agents ne commettaient pas des erreurs inévitables du métier, mais des « comportements intentionnellement malveillants ». Cette distinction est cruciale pour la direction qui souhaite préserver l’image du reste de son effectif.

Des dossiers distincts et des enquêtes en cours

Les dossiers administratifs sont traités indépendamment des procédures pénales. Il a indiqué que le dossier est actuellement sous la responsabilité de l’organisme chargé des poursuites, lequel statuera sur l’éventualité d’un dépôt de charges en justice. Parmi les faits rapportés, on note l’affaire d’un policier visé pour avoir effacé une preuve vidéo fournie par une victime de violence conjugale en 2025. Dans un autre cas, bien que le détail ait été partiellement démenti, des allégations portaient sur des gestes dégradants envers une personne en situation d’itinérance.

Le SPVM confirme également que d’autres enquêtes sont toujours en cours et qu’il ne peut fournir davantage de détails pour le moment afin de ne pas nuire aux investigations.

La reconstruction d’un lien de confiance

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a salué ce geste comme nécessaire pour rebâtir la confiance des citoyens. Cependant, l’opposition politique réclame plus encore. Ericka Alneus, cheffe de l’opposition Projet Montréal, a déclaré que congédier sept agents n’était que la base et qu’il faudrait beaucoup plus pour espérer restaurer le lien de confiance entre les Montréalais et leurs policiers.

La Coalition rouge, un organisme de lutte contre le profilage racial, quant à elle, demande une enquête publique indépendante sur le racisme systémique et la responsabilité institutionnelle. Elle estime que sept licenciements ne constituent pas une réponse suffisante face à l’ampleur des allégations.

Le directeur Dagher a conclu en promettant de revoir la situation au mois de novembre ou de décembre, comme promis. Il a rappelé que la confiance du public se perd en un geste mais ne se regagne que lentement, jour après jour. La direction s’engage à poursuivre ce travail exigeant, pas à pas, pour reconstruire une institution respectée par tous.