Les Houthis prennent le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb
Tweet cet article
Les Houthis ont pris le contrôle du détroit stratégique de Bab el-Mandeb en 72 heures. Cette offensive éclair sur la côte yéménite verrouille un axe commercial majeur entre l’Europe et l’Asie, provoquant une hausse immédiate des cours du pétrole au-dessus de 100 dollars.
Dans la même rubrique
L’équilibre géopolitique au niveau des points de passage maritimes critiques vient de subir une mutation brutale ce vendredi. En l’espace de 72 heures, les combattants Houthis ont mené une offensive éclair pour s’emparer du détroit de Bab el-Mandeb et de la côte yéménite bordant la mer Rouge. Cette progression rapide leur permet désormais de verrouiller un axe vital qui assure le transit des marchandises entre l’Asie et l’Europe, notamment vers le canal de Suez et la Méditerranée. Ce basculement tactique est d’autant plus significatif qu’il s’ajoute au contrôle déjà exercé par Téhéran sur le détroit d’Ormuz, créant un double verrou stratégique sur les flux énergétiques mondiaux.
Une prise de contrôle rapide des îles et ports stratégiques
Le mouvement pro-iranien a orchestré une conquête méthodique mais fulgurante pour sécuriser son emprise maritime. Selon des sources gouvernementales, les forces Houthis ont pris possession du port de Mokha ainsi que de l’île de Zugar dès le jeudi précédent. Cette dynamique s’est poursuivie avec la capture décisive de l’île de Mayyoun — également identifiée sous le nom de Périm — située au centre même du détroit, avant d’aboutir à la prise des îles de la Grande et de la Petite Hanish. Un responsable militaire du gouvernement yéménite, soutenu par Ryad et reconnu internationalement, a exprimé l’ampleur de cette perte en déclarant : « Tout ce qui était sous notre contrôle sur la côte occidentale est tombé ». Cette avancée rapide vers le sud contraste avec les années d’accalmie précédentes, marquant une rupture majeure dans la défense des territoires côtiers.
Répercussions économiques et tensions sur les marchés pétroliers
Cette pression militaire se traduit immédiatement par une volatilité accrue sur les marchés financiers mondiaux. Après six mois de tensions régionales ayant ébranlé l’économie globale, le prix du baril de Brent a franchi la barre symbolique des 100 dollars pour s’établir à près de 105 dollars en fin de semaine. La situation est d’autant plus complexe que les infrastructures pétrolières de l’Arabie saoudite ont été visées cette même semaine par une attaque massive utilisant des drones et des missiles. En conséquence, le royaume a dû suspendre temporairement son oléoduc Est-Ouest, conçu pour contourner Ormuz. Bien que le porte-parole militaire Yahya Saree affirme que la navigation demeure sûre pour l’ensemble des compagnies — à l’exception des navires saoudiens désormais interdits d’accès —, les acteurs économiques restent vigilants face aux coûts de détournement vers le cap de Bonne-Espérance.
Un bilan humain et militaire marqué par une escalade régionale
Le retour du conflit ouvert au Yémen en juillet dernier, déclenché par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran fin février, a des conséquences humaines lourdes. Selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations, les affrontements récents ont entraîné la mort de centaines de combattants et ont forcé près de 46.000 personnes à fuir leurs foyers pour se réfugier sur les routes. Face à cette progression, l’Arabie saoudite a réagi par des frappes aériennes sur l’aéroport de Mokha, tandis que des raids gouvernementaux appellent la population civile à la prudence. Malgré ces tensions, le président américain Donald Trump aurait décliné la demande de Ryad visant à ordonner des frappes directes contre les forces Houthis, laissant le royaume naviguer dans une situation diplomatique et militaire délicate.
Envie de suivre K-Pulse ? Inscrivez-vous au lancement de la newsletter.



