Marcio Cabral, primé à la COP17 Désertification, ou l’obstination de l’émerveillement
Tweet cet article
C’est à Oulan-Bator, dans les travées de la COP17 sur la désertification ouverte jusqu’au 28 août, que le photographe brésilien Marcio Cabral a reçu une nouvelle distinction pour son image « Pandora ». Une récompense de plus, mais que l’intéressé range dans une autre catégorie : celle des « victoires de l’émerveillement sur la résignation ». La formule dit l’ambition — transformer le regard esthétique en levier politique — au moment où les diplomaties du monde entier tentent, une fois de plus, de ralentir l’avancée des terres arides. Pour le lecteur, l’affaire dépasse le cercle des amateurs de photographie animalière : elle interroge la manière dont on parle, aujourd’hui, d’un péril lent que les chiffres seuls ne parviennent plus à rendre audible.
Une distinction glanée dans l’ombre d’une COP moins médiatique que ses sœurs
Les Conférences des Parties sur le climat concentrent les projecteurs ; celles sur la désertification, elles, se tiennent presque à huis clos médiatique. La COP17, réunie en Mongolie jusqu’au 28 août, n’échappe pas à la règle. C’est dans ce contexte discret que Marcio Cabral a été primé pour « Pandora ». On nous permettra de trouver piquant qu’il ait fallu qu’un photographe rappelle, image à l’appui, l’existence même d’une négociation onusienne consacrée à des sols que l’on perd, hectare après hectare, sans que nul ne s’en émeuve.
« La beauté sert à capter l’attention » : une méthode, pas une coquetterie
L’auteur assume la stratégie. La beauté, pour lui, n’est pas une fin ; c’est un hameçon. Une manière de retenir un instant l’œil du passant, à l’ère où l’information environnementale se dilue dans un flux continu de mauvaises nouvelles. L’idée n’est pas neuve — de Ansel Adams aux naturalistes contemporains, la photographie a toujours été un plaidoyer déguisé en contemplation — mais elle prend un relief particulier lorsque les rapports scientifiques, si rigoureux soient-ils, glissent sur les consciences comme la pluie sur une terre trop dure.
Cabral le reconnaît lui-même : une image ne répare rien. Elle ouvre une porte. Reste à savoir qui la franchit, et vers quoi.
Ce que l’on ne sait pas encore
Les éléments disponibles ne précisent ni la nature exacte du prix décerné, ni le palmarès complet, ni les engagements concrets qu’espère susciter le photographe au-delà de la reconnaissance symbolique. On ignore également quelles annonces sortiront, ou non, de la COP17 d’ici sa clôture le 28 août. Autant de zones que l’enthousiasme ne doit pas combler à la hâte : la sobriété d’analyse est, aussi, une forme de respect du sujet.
Ce qu’il faut surveiller d’ici au 28 août
Deux choses, en réalité. D’abord, les conclusions officielles de la Conférence : engagements chiffrés, calendriers, mécanismes de financement — ou leur absence, qui vaudrait diagnostic. Ensuite, l’effet de traîne d’images comme « Pandora » : combien de temps une photographie tient-elle l’attention, dans un cycle médiatique qui digère tout en quarante-huit heures ? La réponse, cette fois, ne tiendra pas dans un cliché.
À lire ensuite
Sources et traçabilité · 1 source
Les sources citées ci-dessous documentent le sujet ; leur nombre ne prouve pas qu’elles confirment toutes la même information.
- « La beauté sert à capter l’attention » : comment le photographe Marcio Cabral veut transformer l’émerveillement en engagementSource
Citer cet article
Envie de suivre K-Pulse ? Inscrivez-vous au lancement de la newsletter.



