L’heure du scrutin approche à grands pas pour l’Alberta, où les urnes s’ouvriront le lundi 19 octobre afin de trancher sur la place de la province au sein de la Confédération. À seulement quelques jours de cette échéance historique, le premier ministre canadien Mark Carney a réitéré son appel impératif : il redemande aux Albertains un résultat décisif en faveur du maintien de leur province dans l’ensemble national.

Une demande de clarté face au contexte mondial

Mark Carney s’est adressé à une foule rassemblée à Calgary, estimée par le cabinet du premier ministre à environ 5 000 participants. Le chef de gouvernement y a plaidé avec insistance pour que la province vote en faveur de l’unité canadienne. Il a souligné que « ce dont nous avons besoin, c’est d’un résultat décisif lundi pour clore cette question ».

Pour lui, le référendum intervient au pire moment possible, dans un monde devenu plus dangereux et divisé. Selon ses dires, certains acteurs internationaux s’efforcent de briser la cohésion canadienne afin de mieux la dominer. Le Premier ministre a donc lancé un avertissement clair : choisir une voie contre le Canada pourrait entraîner des années de profondes divisions et de grandes incertitudes pour les générations futures.

Un enjeu qui dépasse le cadre provincial

Au-delà du simple maintien territorial, la question posée aux électeurs albertaines porte sur dix propositions au total. La dernière d’entre elles concerne directement la séparation ou l’organisation d’un second référendum contraignant sur l’indépendance. Les neuf premières questions, défendues par la première ministre Danielle Smith, portent sur des thèmes comme l’immigration et la Constitution. Le gouvernement provincial a alloué 4 millions $ à une campagne publicitaire visant à soutenir ces propositions, tandis que le cabinet du premier ministre s’est engagé à consacrer environ 250 000 $ à sa propre initiative « Ô Canada ».

Mark Carney a également appelé les électeurs à rejeter ces neuf questions pour éviter de donner un faux signal à Ottawa. Il a rappelé que l’unité n’est pas l’uniformité, affirmant qu’en Alberta, on a toujours parlé français et que l’on n’a jamais eu à choisir entre être Albertains ou Canadiens.

Une course contre la montre avec d’autres acteurs politiques

La scène politique albertaine est animée par plusieurs figures qui s’affrontent pour convaincre les électeurs. Le chef conservateur Pierre Poilievre, lui aussi en déplacement dans la région, a appelé ses concitoyens à voter pour l’unité canadienne, affirmant que le Canada c’est bien plus qu’un gouvernement. Il a également exprimé sa compréhension de la colère des Albertains, estimant que leur problème ne concerne pas uniquement leurs compatriotes canadiens.

De son côté, l’ancien premier ministre Jason Kenney a repris le message économique, exhortant les électeurs à profiter des nouveaux projets d’infrastructures et des investissements en cours. Les sondages indiquent que la majorité des Albertains souhaiteraient rester au sein du Canada, mais certains craignent que les « fédéralistes frustrés » n’influencent le résultat final.