« En 2024, l’incidence des infections invasives à méningocoques chez les enfants de moins d’un an atteignait 10,9 cas pour 100.000 nourrissons », souligne l’Académie belge de pédiatrie dans son communiqué du lundi. Ce chiffre est particulièrement alarmant lorsqu’on le compare aux environ 0,65 cas observés pour 100.000 habitants dans la population générale. La vulnérabilité des bébés est ici flagrante, exposant ces fragiles à un risque près de dix-sept fois plus élevé que celui des adultes ou des adolescents. Le danger réside dans sa rapidité d’évolution : la maladie peut mener au décès de l’enfant ou laisser des séquelles importantes en très peu de temps.

Une détection difficile avant l’effondrement

La difficulté principale pour les parents et le corps médical réside dans la reconnaissance précoce des symptômes. L’Académie précise que ces signes ne sont pas toujours faciles à identifier chez les tout-petits, qui ne peuvent pas verbaliser leur malaise. On parle de somnolence ou comportement inhabituel, d’irritabilité soudaine, de diminution de l’alimentation, de vomissements ou d’une altération générale de l’état. Il faut sans tarder voir un praticien si l’on s’inquiète, car chaque heure compte pour éviter une issue fatale. Selon Sciensano, le Centre national de référence a validé 72 cas en 2025 et 77 en 2024 via des analyses labo.

Un arsenal vaccinal incomplet face aux souches persistantes

Face à cette menace, la prévention reste l’arme principale, mais elle ne garantit pas une protection totale. L’Académie de pédiatrie souligne l’importance préventive. En Wallonie-Bruxelles comme en Flandre, un vaccin gratuit contre les souches A, C, W et Y est offert aux parents vers 15 mois sans être obligatoire. Un autre existe pour le B mais n’est pas systématiquement conseillé par le Conseil supérieur de la santé. Aujourd’hui, la souche B domine. On relevait chaque année une soixantaine d’infections invasives à méningocoques pouvant causer septicémie ou méningite.

Un recul historique mais des données sous-estimées

L’épidémie majeure en Belgique datait de 2001 avant que le nombre de cas ne chute, notamment grâce au vaccin anti-C. Cependant, les chiffres officiels Les chiffres officiels sous-estiment la réalité car certains prélèvements ou déclarations manquent. Les certificats de décès, complets mais tardifs, indiquent 2 à 9 morts par an entre 2014 et 2022. On a compté six morts (adolescents ou adultes) : trois avec le sérogroupe B et trois avec le W. La réalité est probablement plus sombre car certains cas ne sont ni prélevés ni déclarés.