La ministre précise que le gouvernement fédéral évalue toutes les voies ouvertes par l’article 40 de la Loi sur Investissement Canada. Les mesures envisagées pourraient inclure des sanctions financières directes, une injonction contraignante obligeant l’entreprise à maintenir ses effectifs ou une ordonnance judiciaire forçant la vente des actifs canadiens. Aucune date précise n’a été donnée pour une décision finale, et le gouvernement maintient un dialogue avec l’entreprise américaine ainsi qu’avec le syndicat local.

Une contestation formelle des engagements pris

Le dirigeant de Cleveland-Cliffs, Lourenço Gonçalves, rejette l’interprétation du gouvernement canadien concernant les conditions de l’acquisition. Il soutient que les mises à pied sont temporaires et destinées à adapter la production aux droits de douane américains de 50 % imposés par Donald Trump sur l’acier canadien. Selon lui, l’accord ne l’oblige pas à maintenir quotidiennement les mêmes niveaux d’emploi pendant toute la durée des cinq ans convenus. Il promet que les postes seront recréés dès qu’un nouvel accord commercial entre Ottawa et Washington sera conclu.

L’ampleur des suppressions et les victimes humaines

Les chiffres fournis par le syndicat dessinent un tableau sombre pour les travailleurs de l’Ontario. Neuf-dix-neuf employés ont été mis à pied la semaine dernière, tandis que quatre-vingt-cinq autres risquent leur emploi d’ici la fin de la semaine en cours. Mike Watt, licencié le 9 octobre après deux décennies de carrière, fait partie des victimes de cette décision. Le syndicat anticipe la suppression de trois cents à trois cent cinquante postes à Hamilton et signale des risques similaires pour l’usine de Lake Erie à Nanticoke.

Les répercussions sur la chaîne d’approvisionnement et les appels à la nationalisation

Ron Wells, président de la section locale du syndicat, avertit que ces perturbations menacent toute la chaîne d’approvisionnement, touchant des secteurs allant de l’électroménager aux produits automobiles. Cette situation a provoqué des débats politiques intenses, poussant certains leaders du Nouveau Parti démocratique à exhorter le gouvernement fédéral à nationaliser Stelco pour protéger les travailleurs et la capacité sidérurgique nationale. Ils arguent que les procédures judiciaires pourraient être trop lentes pour éviter un effondrement durable de l’industrie.

La portée systémique du conflit commercial

Le gouvernement fédéral examine si les réductions d’effectifs constituent une violation des conditions fixées lors de l’acquisition de 2024. Le dirigeant américain soutient que ces ajustements sont temporaires et nécessaires pour s’adapter aux droits de douane imposés par Washington. Cette divergence d’interprétation place le respect des engagements au cœur du différend, avec Ottawa prêt à envisager des sanctions financières ou une injonction contraignante pour forcer le maintien des effectifs pendant la durée convenue.