Réunion sur les tarifs : malgré la campagne, « on a une job », dit Lafrenière
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En congé dimanche, la première ministre Christine Fréchette ne pouvait répondre aux critiques de l’opposition, qui lui reproche de mettre sa campagne électorale en pause lundi pour tenir une réunion extraordinaire du Conseil des ministres consacrée aux contre-mesures face à la guerre commerciale avec les États-Unis. Radio-Canada a interrogé le vice-premier ministre Ian Lafrenière, alors en campagne à Québec, sur cette convocation ministérielle prévue pour demain. « On gouverne, on a une job. Les citoyens nous ont élus pour faire une job, ça va se faire jusqu’au dernier jour », a déclaré le ministre, rejetant l’accusation d’instrumentalisation électoraliste.
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Le calendrier électoral dérangé par une réunion ministérielle
La première ministre avait convoqué son Conseil des ministres pour une séance spéciale consacrée aux mesures de riposte face aux tarifs douaniers américains. Cette interruption du calendrier électoral survient alors que la Coalition avenir Québec se prépare au scrutin du 5 octobre prochain.
Le déroulement de la semaine de campagne s’en trouve modifié. Le dimanche, traditionnellement jour de repos, Christine Fréchette était indisponible pour répondre aux critiques. Le lundi réserve donc à la fois une activité gouvernementale formelle et une absence d’engagement électoral. Cette configuration a fourni aux partis d’opposition matière à contestation : les péquistes et les conservateurs reprochent au gouvernement caquiste de mettre en avant le thème de la guerre commerciale afin de détourner l’attention de son bilan des deux derniers mandats.
La réplique de Lafrenière : l’exercice du pouvoir jusqu’au scrutin
Interrogé dimanche lors de ses activités de campagne à Québec, le vice-premier ministre n’a pas reculé. Sa réponse repose sur le principe que le gouvernement demeure en fonction jusqu’à l’élection. « Les citoyens nous ont élus pour faire une job, ça va se faire jusqu’au dernier jour, on l’a toujours dit », a-t-il affirmé auprès de Radio-Canada.
Cette posture soulève une question récurrente en période électorale : un gouvernement sortant peut-il convoquer le Conseil des ministres pour des matières substantielles sans exposer sa démarche à une suspicion de manœuvre communicationnelle ? Lafrenière ne valide pas cette interprétation. Pressé sur ces allégations, le ministre en appelle au discernement de l’électorat : « Les citoyens sont capables de se faire leur opinion. Allez rencontrer les citoyens sur la rue, vous allez voir de quoi ils vont vous parler. »
Les enjeux tarifaires en arrière-plan
Cette réunion s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis. Le gouvernement fédéral de Mark Carney avait réaffirmé à plusieurs reprises, durant les négociations commerciales avec Washington, que le système de gestion de l’offre canadienne demeurerait préservé. Or, Donald Trump s’est plaint régulièrement du niveau d’accès des producteurs laitiers américains au marché canadien.
La gestion de l’offre, qui protège notamment l’industrie laitière, la production d’œufs et l’élevage avicole, constitue un point de friction chronique entre le Canada et les États-Unis. Cette architecture réglementaire avait déjà été maintes fois critiquée par les administrations américaines antérieures.
Les propositions de l’opposition sur le même terrain
Québec solidaire a présenté ses propres mesures d’accompagnement pour les agriculteurs confrontés aux incertitudes commerciales. La co-porte-parole Ruba Ghazal a proposé une cible : que 75 % des achats publics dans les institutions québécoises (CHSLD, CPE, et un projet d’épiceries publiques) proviennent de producteurs locaux. Cette mesure viserait à accorder davantage de prévisibilité aux agriculteurs et à atténuer leurs craintes sur l’avenir de la gestion de l’offre.
Le Parti libéral, pour sa part, a annoncé un plan agricole prévoyant la redistribution de 560 millions de dollars sur 4 ans en faveur des agriculteurs par une réforme du Fonds vert (Fonds d’électrification et de changements climatiques), afin que ces ressources restent consacrées à l’agriculture et ne soient pas redirigées vers d’autres usages.
La réunion ministérielle de lundi révélera si le gouvernement caquiste entend proposer des ripostes de portée équivalente ou de nature différente face à la volatilité engendrée par le différend commercial.
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