Santé de fin d’été : les réflexes qui évitent la consultation aux urgences
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Chaque année, la dernière quinzaine d’août rejoue la même partition : déshydratation sur la route des retours, oreilles douloureuses après quinze jours de piscine, sommeil désorganisé par la reprise, et cette fatigue étrange que l’on met sur le compte du « changement de rythme ». La plupart de ces ennuis ne relèvent pas de la médecine héroïque, mais de gestes simples au bon moment. Encore faut-il les connaître — et ne pas confondre le bénin, qui se règle chez soi, avec le sérieux, qui exige un avis médical sans délai. Voici la boîte à outils.
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Chaleur et hydratation : arrêter de compter les verres, écouter son corps
La règle des « huit verres par jour » a le mérite d’exister et le défaut d’être fausse pour à peu près tout le monde. Les besoins varient selon la corpulence, l’activité, la température ambiante et les traitements en cours — certains diurétiques ou antihypertenseurs modifient sensiblement la donne. Le vrai tableau de bord tient dans trois indicateurs : la couleur des urines (jaune pâle, tout va bien ; ambré foncé, il est temps de boire), la fréquence des mictions et la soif, qui reste un signal fiable chez l’adulte en bonne santé.
En cas de forte chaleur, quelques réflexes font la différence :
- boire régulièrement de petites quantités plutôt qu’un litre d’un coup, que le corps évacue sans l’absorber ;
- fermer volets et fenêtres le jour, ouvrir la nuit — l’inverse de l’intuition estivale ;
- se rafraîchir la nuque, les poignets et les chevilles, zones où la circulation cutanée est efficace ;
- surveiller les personnes âgées et les nourrissons, qui perçoivent mal la soif ou ne peuvent l’exprimer.
Les signaux qui doivent faire consulter sans tergiverser : maux de tête persistants, confusion, arrêt de la sudation malgré la chaleur, température corporelle très élevée. Le coup de chaleur, à ne pas confondre avec l’insolation, est une urgence.
Baignades, oreilles et petites plaies : les pièges de la fin de saison
L’otite dite du baigneur n’est pas une fatalité : elle survient quand l’eau stagne dans le conduit auditif et macère. Après chaque baignade, incliner la tête pour évacuer l’eau et sécher le pavillon avec une serviette suffit dans la majorité des cas. On évite le coton-tige, qui pousse le cérumen — barrière naturelle — vers le tympan. Douleur qui s’installe, sensation d’oreille bouchée persistante au-delà de vingt-quatre heures, écoulement : direction le médecin.
Côté peau, les coupures sur rochers ou coquillages se surinfectent volontiers en milieu marin. Nettoyage à l’eau et au savon, antiseptique, pansement, et surveillance de la vaccination antitétanique — un rappel oublié depuis plus de vingt ans mérite un point avec son médecin, indépendamment de la plaie.
Retour de voyage : ne pas balayer un symptôme d’un revers de main
La fin d’été, c’est aussi le retour de zones où l’on a pu contracter autre chose qu’un souvenir. Une fièvre inexpliquée dans les jours ou semaines qui suivent un séjour tropical n’est jamais anodine : elle doit être signalée à un médecin en précisant la destination, les dates et les éventuelles prophylaxies suivies. Idem pour une diarrhée qui traîne au-delà de quelques jours, s’accompagne de sang ou de fièvre.
Pour les troubles digestifs bénins du voyage, la priorité est la réhydratation, plus que l’arrêt à tout prix du transit. Les solutions de réhydratation orale, disponibles en pharmacie sans ordonnance, sont particulièrement utiles pour les enfants et les personnes âgées.
Reprise : réhabituer le corps, pas le brusquer
La rentrée sportive fournit chaque année son lot de tendinites et de lombalgies chez ceux qui reprennent à l’intensité d’avant les vacances. Le corps a perdu en endurance et en souplesse ; il faut trois à quatre semaines pour retrouver un niveau correct. Reprendre progressivement, s’échauffer réellement, dormir suffisamment : rien de spectaculaire, tout d’efficace.
Enfin, la fin août est un bon moment pour vérifier deux choses souvent négligées : l’état de sa pharmacie familiale (médicaments périmés à rapporter en pharmacie, jamais à la poubelle) et le calendrier vaccinal, notamment pour les rappels adultes. Les recommandations évoluent : les informations à jour se consultent sur ameli.fr et sur le site du ministère chargé de la Santé, sources officielles qu’aucun article, celui-ci compris, ne remplace.
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