Suisse : le blanc, le noir et le gris dominent les voitures
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Le blanc, le noir ainsi que le gris représentent désormais près de 80 % des voitures nouvellement immatriculées en Suisse, selon les données de l’Office fédéral des routes (OFROU). Ce constat, publié par la SonntagsZeitung, révèle une homogénéisation massive du parc automobile national sur quatre décennies.
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L’uniformité esthétique semble s’être imposée comme une norme structurelle sur les routes helvétiques. Selon des données de l’Office fédéral des routes (OFROU) relayées par la SonntagsZeitung, le paysage automobile suisse est désormais saturé par une palette chromatique extrêmement restreinte : le blanc, le noir et le gris concentrent à eux seuls près de 80 % des véhicules nouvellement immatriculés dans le pays.
Un effacement progressif de la diversité chromatique
Cette hégémonie du trio « neutre » ne constitue pas une mutation soudaine, mais s’inscrit dans une érosion documentée sur plusieurs décennies. L’analyse de l’OFROU, citée par le journal zurichois, révèle que la diversité des couleurs pour les voitures neuves a considérablement diminué en 40 ans. Ce déclin de la variété visuelle est particulièrement frappant si l’on observe l’évolution du rouge, qui fut autrefois une couleur prédominante avant de devenir marginale dans les choix des automobilistes contemporains.
Le déclin spectaculaire du rouge
Le contraste entre les préférences d’achat passées et les tendances actuelles est saisissant. En 1985, le rouge s’imposait comme la couleur la plus populaire pour les voitures neuves en Suisse, captant une part de près de 23 % des immatriculations. Aujourd’hui, cette proportion a chuté de manière drastique pour atteindre seulement 3,8 %. Ce basculement témoigne d’un changement profond dans les habitudes de consommation ou, à tout le moins, d’une standardisation des goûts qui privilégie la discrétion ou la facilité d’entretien au détriment de l’expression individuelle.
Une tendance transversale aux objets du quotidien
Ce phénomène ne se limite pas aux seuls moteurs thermiques ou électriques. La SonntagsZeitung souligne que cette préférence pour le blanc, le noir et le gris s’étend à d’autres pans de la vie quotidienne et de la consommation matérielle. Ces trois teintes dominent désormais les secteurs de l’habillement, des appareils électroménagers, mais également des téléphones portables et du mobilier. On observe ainsi une convergence esthétique qui touche aussi bien les biens durables que les objets personnels.
Ce qu’il reste à comprendre sur cette homogénéité
Bien que les chiffres de l’OFROU permettent de quantifier cette tendance, plusieurs questions demeurent en suspens quant aux moteurs profonds de ce changement. S’agit-il d’une volonté délibérée des constructeurs de limiter les options pour optimiser les chaînes de production ? Ou bien est-ce le résultat d’un climat social où la neutralité visuelle devient une forme de sécurité ou de conformisme accepté ? Pour l’heure, les données fournies par les autorités fédérales confirment le constat statistique sans toutefois expliciter les mécanismes psychologiques ou industriels qui ont conduit à cette uniformisation quasi totale du parc automobile suisse.
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