L’été a été exceptionnel pour les commerçants au bord de l’eau en Suisse romande
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Septembre arrive en Suisse romande avec un thermomètre qui flirte encore avec les 30 degrés, prolongeant une saison estivale hors normes. Selon la RTS, cet été exceptionnellement chaud a dopé l’activité des commerçants au bord de l’eau — centres nautiques, buvettes lacustres et vendeurs de glaces affichent des chiffres d’affaires en forte hausse. Des établissements comme Le Ponton à Nyon et les bars éphémères des rives connaissent une demande soutenue, mais les gérants du secteur distinguent clairement une prospérité réelle de tensions qu’elle masque.
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Le Ponton de Nyon affiche 30 % de croissance
Le centre nautique Le Ponton, situé à Nyon, enregistre des résultats records. Selon Olivier de Cocatrix, gérant de l’établissement et cité par la RTS, le chiffre d’affaires a bondi d’environ 30 % par rapport à 2025. Les locations de bateaux, paddles et pédalos ne ralentissent pas, alimentées par des températures qui restent constamment au-dessus de 28 à 30 degrés et poussent les gens à chercher la fraîcheur du lac. « On n’a pas fermé, il a tout le temps fait beau ! », résume Olivier de Cocatrix dans l’article de la RTS.
Cette dynamique reflète un besoin simple : face à une chaleur persistante, l’eau lacustre devient un refuge recherché. La saison estivale qui joue les prolongations en ce début de septembre intensifie encore cette attraction, créant une fenêtre commerciale inhabituelle pour ce type d’établissement.
Les bars éphémères gagnent entre 10 et 20 %
Les bars éphémères au bord de l’eau connaissent aussi une hausse, selon la RTS. Leurs chiffres d’affaires oscillent entre 10 et 20 % de croissance comparée à 2025. Cette progression sensible reste inférieure à celle du secteur nautique, mais elle demeure significative pour des structures temporaires généralement dépendantes d’une concentration saisonnière courte.
L’explication réside dans la persistance des conditions : des températures constamment élevées poussent les gens à prolonger leurs sorties en fin de journée et à rechercher des lieux frais et ouverts. Les buvettes et autres établissements de restauration légère au bord de l’eau captent cette demande diluée sur une période plus longue que d’ordinaire.
Les gérants expriment une préoccupation mesurée
Cependant, les propriétaires interrogés par la RTS distinguent clairement la prospérité des tensions qu’elle recèle. Ludovic Ray, cofondateur de La Terrasse des Tilleuls à Rolle, confie à la RTS : « Cette situation nous préoccupe davantage qu’elle nous réjouit. » Il observe un changement net des habitudes : la clientèle arrive plus tard en soirée lors des fortes chaleurs, réduisant la plage horaire d’activité habituelle. Les conditions de travail s’intensifient, et les personnes vulnérables souffrent directement de la chaleur prolongée.
Paolo Gervasi, patron de la glacerie Veneta qui exploite notamment un stand sur les quais d’Ouchy à Lausanne, constate : « Quand il fait trop chaud, les gens ont tendance à déserter. » Malgré ce constat, il reconnaît que, fort de plus de trente ans d’activité dans le secteur, l’année 2026 figurera sans aucun doute parmi ses meilleures saisons selon la RTS.
Une année singulière plutôt qu’une rupture structurelle
Le portrait émergeant de cet été romand reste celui d’une année singulière. La persistance de températures élevées jusqu’en septembre a créé une fenêtre exceptionnelle pour les commerces lacustres. Le Ponton affiche 30 % de croissance, tandis que les bars éphémères gagnent entre 10 et 20 % : deux dynamiques clairement distinctes mais toutes deux à la hausse, selon la RTS.
Ce qui mérite attention, cependant, dépasse les simples chiffres. C’est que cette prospérité cohabite avec des pressions réelles : fatigue des équipes, transformation des rythmes de fréquentation, malaise des publics vulnérables face à la chaleur. Les gérants du secteur — Olivier de Cocatrix, Ludovic Ray, Paolo Gervasi — ne célèbrent pas simplement une belle année. Ils signalent plutôt qu’une telle saison pose des questions autant qu’elle résout des comptes. L’été 2026 enrichit les caisses romandes. Il enrichit aussi une réflexion, silencieuse mais palpable, sur ce que signifie prospérer sous des conditions qui interrogent.
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