Van Aert et Brennan : l’équipe belge peut-elle s’inspirer de la Vuelta ?
Tweet cet article
La victoire de Wout van Aert lors de la 12e étape de la Vuelta 2026, obtenue dans un final où il a bénéficié d’un relais décisif de Brennan, a de quoi faire rêver les supporters belges. Ce scénario, où deux leaders se complètent plutôt que de s’affronter, pourrait-il inspirer l’équipe nationale aux Mondiaux ? Gérard Bulens, consultant et ancien professionnel, en doute. « Tout le monde ne pense pas comme ça », souligne-t-il, évoquant les enjeux individuels qui pourraient peser plus lourd que l’intérêt collectif.
Dans la même rubrique
Une victoire collective, un modèle pour les Mondiaux ?
Wout van Aert a remporté la 12e étape de la Vuelta 2026 à l’issue d’un sprint où son coéquipier Brennan a joué un rôle clé en relais, permettant au Belge de s’imposer après une ascension. Selon Gérard Bulens, consultant pour la RTBF, cette performance illustre un « beau modèle de travail d’équipe » et une « quatrième victoire pour Visma » dans cette édition. Van Aert, déjà auteur de trois tops 5 en douze étapes, a confirmé sa forme du moment, se positionnant comme un favori pour les Mondiaux de cyclisme sur route, prévus le 27 septembre. Mais c’est précisément cette dynamique collective qui interroge : peut-elle se transposer à l’équipe belge, où Remco Evenepoel figure également parmi les favoris ?
Pour Bulens, la réponse n’est pas évidente. « Le fait de partir avec deux leaders au lieu d’un, ça peut être un élément très important », admet-il, tout en soulignant que la gestion de cette dualité relève du staff technique, notamment de Serge Pauwels, coach national. L’enjeu ? Éviter que les ambitions individuelles ne prennent le pas sur l’objectif commun : remporter le maillot arc-en-ciel pour la Belgique. Une victoire qui, pour van Aert, représenterait une « vraie consécration » sur route, là où le cyclocross, sa discipline de prédilection, est souvent perçu comme secondaire.
Les limites d’un scénario idéalisé
Gérard Bulens, qui a lui-même refusé le poste de coach national par le passé, met en garde contre les réalités moins glorieuses de la compétition. « Que tous les coureurs pensent comme ça, je n’en suis pas certain », déclare-t-il, évoquant les primes et avantages liés au titre de champion du monde. Même si Remco Evenepoel et van Aert ont déjà brillé sur la scène mondiale, leurs motivations pourraient diverger. Pour le premier, déjà titulaire du maillot arc-en-ciel, l’enjeu est différent de celui du second, pour qui cette victoire représenterait une première historique sur route. Bulens rappelle que la gestion de ces ego relève avant tout de la responsabilité du staff, qui devra composer avec des personnalités et des ambitions parfois contradictoires.
Un précédent encourageant, mais des questions en suspens
La Vuelta 2026 a offert un spectacle où la stratégie d’équipe a primé sur les individualités, avec van Aert comme figure de proue. Pourtant, les Mondiaux imposent une autre donne : une sélection belge réduite, où chaque coureur doit se préparer à jouer un rôle précis, voire à sacrifier ses ambitions pour le collectif. Gérard Bulens, lucide, estime que « l’important, c’est d’avoir la victoire pour la Belgique, quel que soit le vainqueur ». Une phrase qui résume l’enjeu : transformer un modèle de club en une réussite collective.
Reste à savoir si les coureurs belges, habitués à briller en solo ou en duo, sauront s’adapter à cette logique d’équipe. Les Mondiaux approchent, et avec eux, l’heure des arbitrages. Van Aert et Evenepoel devront-ils, comme Brennan avec lui, accepter de passer au second plan pour servir un objectif supérieur ? La réponse, si elle existe, ne dépendra pas seulement de leur bonne volonté, mais aussi de la capacité du staff à les y convaincre.
Envie de suivre K-Pulse ? Inscrivez-vous au lancement de la newsletter.



