La recherche sur les pathologies neurologiques franchit une étape déterminante grâce aux travaux de Violetta Zujovic, figure centrale de la neuro-immunologie contemporaine. Cette chercheuse, qui occupe un poste permanent à l’INSERM depuis 2011, explore les mécanismes par lesquels le système immunitaire intervient dans la structure même du système nerveux. Son approche scientifique repose sur une compréhension fine de la myéline, cette gaine protectrice des neurones dont la dégradation est au cœur de plusieurs affections graves. En se concentrant sur les processus de réparation et de régénération, ses travaux visent à transformer des observations biologiques complexes en solutions thérapeutiques concrètes pour les patients.

La biologie du système immunitaire face aux maladies neurologiques

Au sein de son programme de recherche, l’équipe de Violetta Zujovic analyse comment les cellules immunitaires — qu’elles soient innées ou adaptatives — influencent des pathologies telles que la sclérose en plaques ou les leucodystrophies. Pour obtenir ces données, les chercheurs déploient une méthodologie multimodale qui combine des techniques de pointe en biologie moléculaire avec des analyses statistiques sophistiquées. Un élément clé de cette stratégie réside dans l’utilisation de modèles animaux humanisés, conçus pour reproduire au plus près la physiologie humaine afin d’étudier les cibles génomiques inflammatoires. L’objectif affiché est de comprendre pourquoi certains individus parviennent à réparer leur système nerveux alors que d’autres ne le peuvent pas, permettant ainsi de développer des traitements personnalisés et plus efficaces.

Un enjeu sanitaire majeur pour la population française

L’urgence de ces recherches est soulignée par l’ampleur des pathologies étudiées. Selon les données fournies par l’Institut du Cerveau, la sclérose en plaques (SEP) s’impose comme la deuxième cause nationale de handicap acquis chez le jeune adulte après les traumatismes physiques. En France, cette pathologie touche actuellement 130 000 personnes, avec un diagnostic de 5 000 nouveaux cas chaque année. Par ailleurs, les leucodystrophies regroupent environ une centaine de maladies génétiques rares qui altèrent la substance blanche du cerveau et de la moelle épinière. La recherche de Violetta Zujovic s’inscrit donc dans un contexte sanitaire critique où la compréhension des mécanismes neuro-inflammatoires est vitale pour améliorer le quotidien de milliers de malades.

L’équité au cœur des structures de la recherche scientifique

Parallèlement à ses travaux en laboratoire, Violetta Zujovic mène un combat institutionnel pour l’inclusion des femmes dans les sciences. En tant que directrice scientifique de la plateforme d’informatique biomédicale Data Analysis Core et responsable du comité équité à l’Institut du Cerveau depuis 2015, elle travaille activement sur la levée des barrières qui freinent les carrières féminines. Elle souligne une contradiction biologique majeure : les maladies neuro-inflammatoires comme la SEP affectent trois fois plus de femmes que d’hommes, ce qui impose d’intégrer systématiquement le sexe comme variable biologique dans toutes les études. Pour structurer cette démarche, elle a notamment lancé une charte pour l’équité et préside le réseau ALBA, qui fédère plus de 2 000 membres répartis dans 92 pays à travers le monde.

Source : Inserm presse — https://www.inserm.fr/actualite/portrait/violetta-zujovic-les-neurosciences-sur-plusieurs-fronts/