Une sortie aux Archives nationales pour clore la visite

Donald Trump a accompagné Xi Jinping, vendredi, dans une visite très brève des Archives nationales de Washington, où sont conservés notamment la Déclaration d’indépendance et la Constitution américaines. Cette séquence a servi de point final à une visite d’Etat du président chinois qui s’est étirée sur trois jours et que les sources du dossier décrivent comme fastueuse, mais sans résultat concret à la hauteur de la mise en scène. Le président américain et Melania Trump ont salué Xi Jinping et Peng Liyuan sur les marches du bâtiment avant leur départ, tandis que Trump parlait d’une « rencontre très positive » et disait avoir échangé avec son homologue sur l’Iran.

Le passage aux Archives n’a rien changé au constat général. Les mots d’amabilité ont abondé, mais les avancées mesurables restent maigres. Depuis la Maison Blanche, où il avait reçu ses invités pour un thé plus tôt dans la journée, Donald Trump a bien assuré que les États-Unis et la Chine avaient réalisé des « progrès énormes, très positifs pour les deux pays ». Le dossier ne permet toutefois pas d’aller au-delà de cette formule. Il ne fait état ni d’accord de fond, ni de mécanisme nouveau, ni d’annonce détaillée immédiatement exécutoire. En matière diplomatique, la chorégraphie a donc été soignée ; en matière de substance, elle demeure très mince.

Trêve commerciale, pandas et promesses de détails

Les éléments les plus tangibles de la visite tiennent en deux points. D’abord, la trêve commerciale entre les deux pays a été prolongée jusqu’au 10 janvier seulement. Ensuite, l’arrivée prochaine de deux pandas aux Etats-Unis a été annoncée, symbole classique de la diplomatie chinoise. C’est peu pour un déplacement de cette ampleur, et les sources croisées du dossier convergent sur ce bilan limité. Elles soulignent aussi que la présence chinoise à Washington s’est accompagnée d’une délégation restreinte de diplomates, alors que le dîner de gala du jeudi réunissait, côté américain, les patrons de grandes entreprises, avec un accent particulier sur la tech.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué vendredi sur CNBC que des détails supplémentaires seraient dévoilés lundi. Il a évoqué des exemptions pour certains produits clés, notamment des exportations agricoles et médicales vers la Chine, ainsi que des importations de biens de consommation et de produits non sensibles. Dans le même temps, Donald Trump a laissé entendre que les agriculteurs américains seraient satisfaits, sans préciser davantage. Là encore, le dossier donne des pistes, pas un règlement final. Les annonces existent, mais elles restent suspendues à des précisions ultérieures.

Taïwan, Iran et intelligence artificielle, sans percée annoncée

Sur les dossiers lourds, le texte fourni montre surtout des positions réaffirmées et des prudences répétées. Xi Jinping a demandé que la question de Taïwan soit traitée « avec prudence » et a souhaité que les Etats-Unis s’en tiennent à une position opposée à « l’indépendance de Taïwan », selon l’agence Chine Nouvelle. Le président chinois a aussi plaidé pour une « coexistence pacifique » entre les deux puissances et a jugé que son passage à Washington ajoutait « plus de substance » à la relation bilatérale. Ces déclarations relèvent d’abord de l’affichage politique ; le dossier n’en tire aucune traduction concrète immédiate.

Le même constat vaut pour l’Iran. Donald Trump a dit avoir parlé de ce dossier avec Xi Jinping et a répondu, à propos d’une éventuelle réouverture du détroit d’Ormuz, qu’il pensait que « ça va très bien se passer ». La veille, Xi Jinping avait estimé que Washington et Téhéran devaient régler leurs différends « le plus rapidement possible » par la négociation, selon Chine Nouvelle. Enfin, l’intelligence artificielle a été mentionnée comme domaine de coopération, sans détail supplémentaire. Xi Jinping a aussi évoqué deux autres occasions de revoir Donald Trump, à l’Apec en Chine en novembre puis au G20 en Floride en décembre, ce que le président américain a confirmé. Mais pour l’heure, le dossier reste clair sur l’essentiel : beaucoup de gestes, peu de résultats, et des réponses encore renvoyées à plus tard.