Un combat contre les cicatrices

Le jeune Bachar Fleury, âgé de dix-huit ans, a été témoin d’une tragédie majeure le premier janvier dernier. L’incendie qui a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana l’a laissé pour mort. Il s’en est sorti, mais au prix de blessures graves : il a été brûlé sur quarante pour cent de son corps, notamment aux mains et au dos. Les médecins ont dû lui pratiquer des greffes de peau sur la main gauche, les deux épaules ainsi que sur le dos où l’oreille a également été touchée. Après une hospitalisation de deux mois et demi entre Stuttgart et Zurich, il a survécu à un coma artificiel de deux semaines. Il a contracté une pneumonie et perdu douze kilos pendant cette période critique. Lorsqu’il s’est réveillé, la découverte de l’état de son corps a constitué un choc majeur pour lui.

La reconstruction par le sport et les études

Malgré la gravité des séquelles physiques et mentales, Bachar Fleury a choisi de ne pas rester figé dans le traumatisme. Il a immédiatement souhaité quitter l’hôpital pour reprendre ses mains en main. Son retour à la vie normale a été rapide sur le plan académique : il a repris ses études, obtenu son bac international aux Émirats arabes unis en juillet et passé son permis de conduire. Sur le plan sportif, il s’est investi dans la trottinette freestyle et la boxe. Il précise que le sport lui a permis de retrouver confiance en sa main greffée et d’aider ses amis à traverser leurs propres épreuves. Il continue aujourd’hui de pratiquer beaucoup de sport pour maintenir son état physique.

Un message d’espoir et une vie qui reprend

Bachar Fleury porte fièrement le titre de survivant, qu’il affiche sur son maillot de l’équipe de Suisse de football. Pour lui, ces cicatrices sont des marques honorables qu’il souhaite montrer au public. Il estime que le drame est trop souvent réduit à des questions juridiques ou financières et préfère que l’on s’intéresse aux victimes qui souffrent encore ou qui, comme lui, tournent la page. Il est suivi par une psychologue pour gérer les séquelles mentales, notamment l’angoisse qu’il ressent parfois en sortant ou lorsqu’il se trouve dans des lieux publics comme des bars. Son prochain objectif est d’effectuer le service militaire après avoir passé le recrutement au Tessin. Avant cela, il compte travailler dans une entreprise de construction. Il souhaite avant tout profiter de sa jeunesse et tourner la page sur cette nuit où, avec ses amis, ils sont passés du rire aux larmes en une fraction de seconde.