Dans un retournement diplomatique marqué par une réconciliation officielle, le ministère belge des Affaires étrangères a annoncé la reprise des relations avec le Rwanda. Cette décision intervient après une rupture initiée par Kigali au printemps précédent, marquant ainsi une fin d’une période de tension bilatérale significative.

Un aboutissement négocié à New York

Le ministre Maxime Prévot a qualifié cet événement de « signal important » lors d’un discours prononcé depuis le siège des Nations unies. Pour lui, cette reprise n’est pas un acte isolé mais bien l’aboutissement d’un processus de franches discussions avec son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe. Les deux diplomates ont convenu de maintenir un dialogue systématique, même sur des sujets délicats. Cette volonté de dialoguer inclut explicitement la nécessité de traiter les divergences persistantes concernant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.

La rupture et la médiation qatariennes

La rupture avait été officialisée par le régime du président Paul Kagame le 17 mars 2025, sous l’impulsion d’accusations sévères. Le Rwanda reprochait à Bruxelles de prendre parti pour Kinshasa dans ce conflit interne et dénonçait des tentatives perçues comme néocoloniales. La reprise des relations s’est faite en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le 22 septembre 2026. Un communiqué conjoint publié par les ministres des Affaires étrangères des deux pays souligne que cette décision suit une série de rencontres informels tenus ces derniers mois. Le texte remercie également explicitement le Qatar pour sa médiation dans ce processus de réconciliation.

Des engagements conditionnels et un agenda commun

Reprendre des relations diplomatiques ne signifie pas renoncer à ses positions fondamentales, a précisé M. Prévot. La Belgique s’engage donc à continuer de défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC tout en disposant désormais de canaux structurés pour discuter avec Kigali. Le ministère belge rappelle également son intention de mettre son expertise régionale au service des efforts de médiation, notamment dans le cadre des processus de Doha et de Washington. Les deux États réaffirment leur engagement à maintenir un dialogue ouvert, franc et transparent afin de traiter tout différend bilatéral.

Ambassades rouvriront dans un délai rapproché

Concrètement, cette normalisation se traduira par la réouverture des ambassades bilatérales respectives. Les ministères concernés ont indiqué que ces établissements diplomatiques seront rouverts dans un délai rapproché, permettant ainsi le retour d’une présence physique et administrative sur le terrain. Cette mesure concrète vient étayer les promesses de dialogue ouvert mentionnées dans les communiqués officiels. La Belgique souhaite également continuer à appeler toutes les parties au strict respect des engagements pris, sans pour autant abandonner son rôle actif au niveau européen concernant la RDC.