Le jeudi 1er octobre 2026, le gouvernement français a dévoilé les grandes lignes de son projet de loi de finances pour l’année suivante. L’objectif affiché est ambitieux : ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut. Pour y parvenir, l’exécutif table sur un effort global de 43 milliards d’euros issu de mesures nouvelles, distinct des sommes générées par la montée en charge de dispositifs antérieurs. Cette trajectoire s’inscrit dans une période où les marchés financiers surveillent de près la situation, le taux d’emprunt à dix ans ayant atteint un pic historique quelques heures avant l’annonce.

Les mesures touchent directement les ménages et les institutions publiques

Les mesures touchent directement les ménages et les institutions publiques. Dans le secteur des retraites, une distinction nette est opérée : seules les pensions inférieures ou égales à 85 % du Smic, c’est-à-dire environ 1 260 euros par mois, seront revalorisées intégralement au niveau de l’inflation en janvier. Au-delà de ce seuil, une sous-indexation ou un gel est envisagé, tandis que le plafond de l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités sera réduit, passant de 4 439 euros à 3 000 euros par foyer fiscal. Ces ajustements s’accompagnent d’une réforme des prestations familiales, où le gel du montant nominal est prévu, contrairement à la pratique habituelle de revalorisation automatique.

La sphère sociale et l’éducation supérieure subissent également des réformes

La sphère sociale et l’éducation supérieure subissent également des réformes structurelles. Le déficit de la Sécurité sociale devrait être divisé par deux, passant de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 milliards en 2027. Cette compression passe notamment par une limitation de l’augmentation des dépenses d’assurance maladie à 2 %. Dans le domaine éducatif, la gratuité actuelle pour les étudiants non boursiers sera abandonnée pour les formations de BTS et classes préparatoires aux grandes écoles, avec des frais d’inscription respectivement fixés à 178 euros et 270 euros. Parallèlement, le point d’indice de la fonction publique sera gelé, entraînant une baisse nette de postes au sein de l’administration centrale.

Le gouvernement mobilise également des leviers fiscaux ciblés pour financer ces dépenses. La taxe sur les grandes infrastructures de transport verra son taux passer de 4,6 % à 12,2 %, générant un rendement estimé à 1,4 milliard d’euros. D’autres recettes sont attendues via la reconduction d’une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des entreprises, réduite toutefois de 30 %, et le maintien d’une imposition minimale de 20 % pour les très hauts revenus dont le revenu fiscal de référence dépasse 500 000 euros pour les couples. L’effort demandé aux collectivités locales est évalué à 5,5 milliards d’euros, tandis que l’État assure près de la moitié de l’effort structurel avec 9 milliards d’euros en recettes et dépenses.

Les syndicats et les opposants politiques réagissent vivement à ces annonces. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a qualifié le projet de budget de coupes budgétaires, appelant même à une journée noire pour protester contre ces mesures perçues comme brutales. Des mouvements de blocage sont attendus, notamment dans l’enseignement secondaire où la mesure sur les CPGE suscite une forte indignation. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, défend cependant sa stratégie en insistant sur le fait qu’aucune pension ne diminuera et en promettant des mesures ciblées pour protéger les bas salaires. L’examen parlementaire débutera officiellement à l’Assemblée nationale au plus tard le 13 octobre, avec un vote prévu avant la fin de l’année pour permettre la promulgation avant le premier janvier 2027.