Un traumatisme qui ne se referme jamais

La comédienne de soixante-dix-huit ans a décrit cette perte comme « un tsunami » dès le début. Elle précise que ce traumatisme l’a projetée dans la vie adulte avant l’âge, bien des années après avoir perdu sa propre mère à quinze ans et demi. Pour elle, il s’agit d’une catastrophe qui ne nous quitte pas. Dans les réunions de famille, elle reconnaît qu’il y a une place qui manque, quelqu’un qui manque pour le petit frère, la petite sœur et tout le monde. Cette absence est décrite comme une présence constante et inévitable. La douleur reste brûlante en elle trente ans plus tard.

Une annonce brutale aux États-Unis

Le moment de l’accident a été particulièrement difficile à gérer pour la famille. Chantal Ladesou était alors en pleine préparation d’une pièce de théâtre, une activité qu’elle n’avait pas envie d’abandonner mais que son équipe lui a persuadée de poursuivre. Elle raconte avoir dû apprendre de façon brutale à son deuxième fils, Julien, âgé de quarante-huit ans aujourd’hui, la nouvelle de la disparition de son frère. Ce dernier se trouvait alors aux États-Unis. La comédienne explique qu’elle lui a répondu : « Alix est mort », comme ça, brutalement. Elle ajoute que cela a été très dur pour lui, car il était presque le jumeau d’Alix.

Le soutien du mari et la résilience sur scène

Pendant cette période noire, Chantal Ladesou s’est écroulée pendant deux ans pratiquement. C’est son époux Michel Ansault avec qui elle partage sa vie depuis plus de cinquante ans qui a tenu le coup. Elle le décrit comme son pilier, quelqu’un qui a été très costaud à ce moment-là. Les rôles se sont ensuite inversés : il l’a soutenue et c’est lui qui s’est écroulé après. Le théâtre a servi de bouffée d’oxygène pour elle. Elle pleurait dans sa loge avant de monter sur scène alors qu’elle avait un rôle extrêmement burlesque. L’énergie du public la rechargeait, lui permettant de faire rire le public malgré ses larmes. Aujourd’hui, elle assure que son fils est à côté d’elle et qu’elle le sent.

La permanence d’une absence dans le quotidien familial

Cette perte crée une fracture durable qui se manifeste lors des rassemblements familiaux, où l’absence d’Alix est ressentie comme un vide permanent pour tous les membres de la famille. Cette catastrophe ne s’est jamais refermée, laissant une douleur brûlante qui persiste trente ans plus tard et transforme chaque réunion en un moment marqué par ce manque incessant qui ne lâche pas Chantal Ladesou.

Le théâtre a servi de mécanisme de survie essentiel durant cette période noire, permettant à la comédienne de canaliser son chagrin tout en maintenant une présence scénique malgré ses larmes. Son mari Michel Ansault a endossé le rôle de pilier indispensable pendant deux ans d’écroulement avant que les rôles ne s’inversent, renforçant ainsi leur union face à un drame qui a soudé ce couple pour toujours.