Le groupe agroalimentaire Cofigeo a officialisé ce mardi 8 septembre 2026 un vaste programme de restructuration industrielle intitulé « redéploiement ». Cette stratégie, présentée aux instances représentatives du personnel et aux salariés, marque la fin d’une époque pour l’un des sites les plus symboliques de son catalogue : l’usine de Lagny-sur-Marne, située en Seine-et-Marne. Ce site emblématique de la marque William Saurin, dont le groupe a pris le contrôle en 2017, est condamné à une fermeture définitive prévue d’ici la fin du premier semestre 2027.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de mutations profondes pour le spécialiste des plats appertisés. Selon les explications fournies par le président de la structure, Mathieu Thomazeau, l’entreprise enregistre une érosion constante de son activité, marquée par une baisse de 17 % depuis 2022. Ce déclin est attribué à une fragmentation croissante du marché au profit d’une multitude d’acteurs et de produits concurrents — tels que les surgelés ou les plats traiteurs — ainsi qu’à l’impact pesant de l’inflation sur la compétitivité globale depuis deux ans. Si les tensions géopolitiques actuelles ou les aléas climatiques récents n’ont pas été les déclencheurs directs de ce plan, ils viennent toutefois s’ajouter aux difficultés structurelles d’un secteur souffrant d’une faible rentabilité et d’un besoin massif de modernisation.

Des contraintes techniques et géographiques majeures

L’usine de Lagny-sur-Marne est particulièrement ciblée par cette fermeture en raison de ses contraintes géographiques et techniques. En effet, le site se trouve « enclavé » en centre-ville et présente une configuration complexe répartie sur plusieurs étages. Les infrastructures, dont les fondations remontent au début des années 1960, entravent désormais la fluidité de la production industrielle moderne. Face à ces limites matérielles, Cofigeo prévoit de transférer l’intégralité des productions — qu’il s’agisse des produits William Saurin ou des marques distributeurs — vers d’autres unités du groupe.

Le plan de redéploiement prévoit notamment une concentration des activités sur plusieurs sites clés. À Capdenac, en Aveyron, la création de 41 nouveaux emplois est annoncée pour absorber une partie de la production. Par ailleurs, les activités liées aux produits à base de pomme de terre seront déportées vers le site de Pouilly-sur-Serre, dans l’Aisne. Pour compenser la suppression de 142 postes prévue dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sur le site de Lagny-sur-Marne, la direction promet un accompagnement individuel des collaborateurs touchés, tout en privilégiant les dispositifs de mobilité interne.

À terme, cette réorganisation industrielle devait permettre au groupe de se recentrer sur six usines et un centre logistique en France. Les économies générées par ce rationalisation d’actifs sont destinées à financer la recherche et développement pour l’innovation produit, ainsi que des campagnes de communication plus robustes. L’objectif affiché par Mathieu Thomazeau est clair : retrouver des niveaux de rentabilité comparables à ceux observés avant les crises récentes en modernisant l’offre face aux nouveaux usages de consommation.