À New York, un soutien assumé à la candidature de Macky Sall

Le mandat d’Antonio Guterres s’achève le 31 décembre, et la succession à la tête de l’ONU occupe les couloirs de l’Assemblée générale. Interrogé sur le peu de crédit prêté à la candidature de Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye a refusé de souscrire à ce qu’il nomme un pessimisme. À ses yeux, l’ancien chef de l’État sénégalais conserve « encore toutes ses chances de succès », car rien n’est arrêté avant que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ne se prononcent. Les discussions avec ceux qui détiennent la décision se poursuivent, et les jeux restent ouverts, a-t-il soutenu.

Le président insiste sur le profil du candidat plutôt que sur les pronostics. Il rappelle que l’Afrique demeure sous-représentée dans les instances onusiennes et qu’un continent appelé à compter 2,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050 ne saurait rester à l’écart des lieux où se décide l’ordre mondial. Le même raisonnement vaut, selon lui, pour la réforme de l’architecture financière internationale : il estime que Macky Sall, confronté durant son mandat aux contraintes de la dette, serait le mieux placé pour en porter l’exigence.

L’accord avec le FMI et la défense des plus vulnérables

Sur le volet économique, Bassirou Diomaye Faye a défendu le programme signé le 1er septembre avec le Fonds monétaire international, qui doit ouvrir un prêt de 2,2 milliards de dollars réparti sur trois ans. Il reconnaît que la dette sénégalaise s’est alourdie et que sa soutenabilité commande la suite du dossier. Les négociations avec les créanciers multilatéraux et bilatéraux sont engagées dans le cadre commun du G20, dont il espère une réduction des délais de traitement.

À ceux qui voient dans le FMI le synonyme d’austérité et redoutent que les plus démunis paient l’addition, le chef de l’État oppose des chiffres. En 2026, l’enveloppe des bourses de sécurité familiale, programmée à 35 milliards de francs CFA, a été doublée pour atteindre 70 milliards, et cette somme sera portée à 140 milliards en 2027. Le registre national des bénéficiaires passera d’environ 500 000 à 1 million de personnes. Il ajoute que le recrutement de 2 000 enseignants et de plus de 2 000 personnels de santé ne correspond pas à un régime de rigueur.

Assemblée nationale, dissolution et calendrier électoral

La loi de finances rectificative doit prochainement être présentée à l’Assemblée nationale, où le parti au pouvoir dispose d’une large majorité. Des voix au sein même du Pastef ont accusé le président de trahison et de soumission au FMI. Il balaie ces critiques en affirmant que le seul serment qu’il pourrait trahir est celui prêté le 2 avril 2024 devant le peuple sénégalais, et il appelle les représentants à un « comportement patriotique » lors du vote.

Sur une éventuelle dissolution de l’Assemblée, prérogative ouverte par la Constitution à partir du 2 décembre, il refuse de s’engager. Il rappelle que la Cour suprême, saisie par deux fois, n’a pas jugé nécessaire de fixer une date d’élection, et que les scrutins locaux peuvent se tenir jusqu’à la fin de l’année 2027. Le calendrier dépendra selon lui d’un consensus, et il se dit attaché au dialogue plutôt qu’à ce qu’il nomme une obsession électorale permanente.

Rupture avec Sonko et dossiers régionaux

Revenant sur le limogeage de son Premier ministre Ousmane Sonko, survenu peu après une visite du FMI, Bassirou Diomaye Faye nie tout lien avec le fonds. Il évoque des divergences persistantes et une rupture de confiance qui l’ont conduit à nommer un autre chef de gouvernement, sans s’étendre davantage.

Il aborde aussi la sécurité régionale, refusant de croire le Sénégal à l’abri d’une contagion depuis le Mali voisin, tout en mentionnant des échanges de renseignements et des patrouilles communes. Sur les Jeux olympiques de la jeunesse, il affirme que les infrastructures sont prêtes et que la flamme arrive en Afrique « 150 ans après ». Interrogé sur la loi criminalisant l’homosexualité promulguée le 31 mars, il assume la souveraineté législative du Sénégal et demande la même réciprocité aux pays qui ont fait d’autres choix.