Un sprint final marqué par les déplacements et les attaques

La campagne électorale québécoise entre dans sa phase terminale, caractérisée par une intensification des confrontations verbales et une mobilisation territoriale maximale. Vendredi dernier, à moins de trois jours du scrutin, les appels aux électeurs et les échanges d’attaques entre les chefs ont fusé de toutes parts. Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a pris la parole pour demander le pouvoir afin d’agir comme le « chien de garde des contribuables ». Sa stratégie repose sur une concentration dans certaines circonscriptions-clés plutôt qu’une dispersion généralisée, une approche qui lui permettrait selon lui de rivaliser avec les autres formations. Parallèlement, La Coalition avenir Québec (CAQ) ainsi que le Parti libéral du Québec (PLQ ont choisi une stratégie offensive.) ont adopté un mode d’attaque agressif. Le ministre des Finances sortant, Eric Girard, a notamment mis en garde contre l’élection du Parti québécois (PQ), qualifiant une victoire péquiste de synonyme de « déclin de l’économie » et de repli sur soi. De son côté, le chef libéral Charles Milliard a affirmé que la CAQ représentait un « game over » pour sa formation, tout en accusant son adversaire péquiste de préparer des chicanes avec Ottawa.

Les promesses et les controverses au cœur du débat

Au-delà des attaques personnelles, le fond du débat politique reste ancré dans les propositions concrètes et les promesses électorales. Le Parti québécois (PQ) a récemment promis d’offrir à la région de Charlevoix le statut de région éloignée, une mesure qui permettrait aux résidents de bénéficier de crédits d’impôt spécifiques. Québec solidaire (QS), quant à elle, cible directement les familles en difficulté avec un programme social ambitieux. Le parti souhaite rehausser les allocations familiales de 200 $ de plus par enfant, créer 30 000 nouvelles places dans les Centres de la petite enfance (CPE) et étendre le Régime québécois d’assurance parentale pour offrir cinq semaines supplémentaires de congé aux pères. Ces mesures s’ajoutent à des initiatives comme les dîners scolaires gratuits et l’achat groupé de fournitures scolaires pour en assurer la gratuité. Cependant, cette période est aussi marquée par l’émergence de controverses. Le chef conservateur Éric Duhaime a reconnu que son dernier livre, « Destination Autonomie », avait été rédigé à 62 % par l’intelligence artificielle, selon l’outil de détection Pangram, une admission qui a fait débat sur la sincérité de ses engagements intellectuels.

Un paysage politique en mutation et des enjeux sociétaux

Le PCQ tente de se positionner comme l’espoir d’un changement au Québec, s’appuyant sur l’amertume des familles confrontées à la précarité financière plutôt que sur la colère sanitaire de 2022. Selon les sondages Synopsis-La Presse publiés lundi, le Parti conservateur est à égalité avec la CAQ en troisième place dans les intentions de vote, affichant 17 % contre 17 % pour la coalition caquiste. Le parti conserve toutefois une avance notable chez les jeunes électeurs de 18 à 35 ans avec 20 %, derrière le PQ (22 %) et Québec solidaire (25 %). Malgré ces résultats mitigés, Éric Duhaime maintient que rien n’est exclu et que son parti pourrait obtenir la balance du pouvoir. L’environnement a également été écarté des débats de campagne, les enjeux climatiques étant relégués au second plan au profit de questions économiques et sociales immédiates. Les figures écologistes interrogées par Radio-Canada soulignent que le simple fait que l’exploitation des gaz de schiste soit revenue dans le débat constitue un « recul environnemental ». À quelques jours du vote, la sortie du scrutin hante certains chefs, comme Éric Duhaime qui craint que les électeurs indécis ne se désintéressent du processus électoral. La campagne tire donc à sa fin, laissant place à une attente febrile avant le dépouillement du scrutin du 5 octobre.