Une convergence sur le logement abordable

L’enjeu du logement constitue un point de friction majeur entre les formations politiques. Le Parti libéral du Québec (PLQ) propose une approche ambitieuse visant à amener à 20 % la part des logements hors marché d’ici 2050. Cette mesure vise spécifiquement les clientèles vulnérables, incluant les itinérants, les jeunes, les aînés et les femmes victimes de violence. Parallèlement, Québec solidaire (QS) s’engage à ce que 20 % des nouveaux logements locatifs ajoutés soient sociaux ou communautaires d’ici 25 ans, avec un objectif précis de 6000 unités destinées aux personnes itinérantes ou à risque de le devenir. Ces propositions illustrent une volonté commune de contrer les fluctuations spéculatives du marché par l’intervention publique ou associative, via des organismes à but non lucratif ou des coopératives.

Les promesses phares en matière d’éducation et de santé

Le secteur éducatif fait l’objet de engagements très contrastés. La Coalition avenir Québec (CAQ) promet la création de 25 000 places abordables d’ici 2030, assortie d’une prime de 10 000 $ pour les nouvelles éducatrices diplômées s’engageant dans un CPE ou une garderie subventionnée. En contrepartie, Québec solidaire propose d’embaucher 5000 éducatrices sur la même période, ce qui coûterait environ 1,4 milliard de dollars sur quatre ans pour créer jusqu’à 30 000 places. Le Parti québécois (PQ) s’engage quant à lui à créer 10 000 nouvelles places en CPE, estimant la facture totale à 452 millions de dollars pour tout le mandat. Sur le plan de la santé, le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose un modèle hybride incluant l’ouverture de quatre établissements hospitaliers privés couverts par l’assurance maladie, tandis que le PCQ vise aussi une réduction de 25 % du poids de la bureaucratie centrale pour réinvestir dans les soins directs.

Fiscalité et dépenses publiques : des visions divergentes

Les approches financières diffèrent radicalement selon les idéologies. Le PCQ annonce un objectif initial de 47 milliards de dollars d’économies sur cinq ans, visant à réduire le périmètre de l’État et la bureaucratie. À l’inverse, Québec solidaire propose une augmentation des salaires des enseignants dès la prochaine négociation collective, sans divulguer les montants précis, tout en promettant de protéger le budget des établissements via un plan de 340 millions de dollars. Le PCQ prévoit également une l’arrêt du mécanisme québécois de plafonnement et d’échange des droits d’émission, connu sous le nom de marché du carbone, ainsi qu’une suspension pendant cinq mois de la taxe sur l’essence. Ces mesures s’inscrivent dans un cadre où chaque dépense supplémentaire doit être financée, compensée ou effectivement réalisée, soulignant la tension inhérente entre les ambitions sociales et les contraintes budgétaires.

Les défis du vieillissement et de l’activité physique

Face au vieillissement démographique, les partis proposent des solutions variées. Le PQ suggère d’autoriser les travailleurs de services essentiels âgés de 65 ans ou plus à percevoir jusqu’à 35 000 $ annuellement sans imposition, à condition qu’elles travaillent dans un service essentiel. Concernant l’activité physique, le PCQ propose une passe sport remboursant 100 $ de frais d’inscription pour les ménages aux revenus inférieurs à 100 000 $ par année, tandis que le PQ impose l’exigence d’au moins une heure de pratique sportive quotidienne dans les écoles primaires et secondaires. Ces initiatives visent à lutter contre l’attrait des écrans chez les jeunes et à adapter les services sociaux à une population qui vieillit rapidement.