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Stratégie électorale : Québec domine Montréal dans les tournées
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À l’aube du scrutin de lundi, une analyse des déplacements révèle une stratégie électorale marquée par une concentration géographique inattendue. En seulement trois semaines et demie, les leaders des cinq partis majeurs ont visité l’ensemble des 17 régions administratives de la province, mais leurs itinéraires dessinent une carte très spécifique où la Capitale-Nationale domine largement. Les chiffres sont sans appel : plus du tiers des arrêts d’autocar se sont produits dans la région de Québec ou en Chaudière-Appalaches, deux territoires ne représentant pourtant que 14 % de la population totale. À l’inverse, la métropole montréalaise a été pratiquement ignorée par les caravanes, sauf pour les débats télévisés obligatoires.
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Une stratégie de concentration sur la région de Québec
L’analyse des trajets parcourus depuis le début août met en lumière une priorité absolue accordée à la région de Québec. Selon Radio-Canada, plus du tiers (36 %) de tous les arrêts effectués par les autocars électoraux ont eu lieu dans la Capitale-Nationale ou en Chaudière-Appalaches. Cette concentration s’explique par la volonté des partis de consolider leurs acquis et de sécuriser des sièges jugés serrés. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) illustre parfaitement cette approche : son dirigeant, Éric Duhaime, a consacré 77 % de son itinéraire électorale aux ces deux régions voisines. Il s’est ainsi arrêté à sept reprises dans la circonscription de Bellechasse et a effectué un nombre élevé de visites en Capitale-Nationale, visant spécifiquement les 12 sièges convoités par son parti dans ces territoires.
Cette stratégie de « grappes géographiques » permet aux équipes de campagne de maximiser leur impact avec des ressources limitées. Thierry Giasson, professeur à l’Université Laval, note que cette approche est cohérente avec la nécessité de faire élire un premier caucus conservateur. En se concentrant sur des circonscriptions où leur présence peut faire une différence immédiate, les chefs évitent de disperser leurs efforts sur des territoires considérés comme perdus d’avance ou trop coûteux à couvrir. Le PCQ est ainsi celui qui n’a fréquenté que 22 circonscriptions distinctes en vingt jours, mais avec une intensité de présence très forte dans sa zone cible.
Montréal : une métropole oubliée sauf pour les débats
Malgré son poids démographique, représentant un quart de la population du Québec, Montréal a été largement négligée par les chefs de file. En faisant abstraction des deux débats télévisés tenus sur l’île, les cinq aspirants au poste de premier ministre n’y ont passé que 8 % de leur temps de campagne jusqu’à présent. Cette absence relative est particulièrement notable pour la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ). La cheffe caquiste, Christine Fréchette, a visité plus de la moitié des 127 circonscriptions de la province en seulement 47 arrêts, mais elle n’a pas tenu d’activité officielle au centre de la métropole, préférant s’arrêter dans les couronnes urbaines ou ailleurs. De même, Charles Milliard du PLQ a multiplié les sorties publiques depuis 20 jours pour un total de 62 événements, concentrés principalement en Estrie et en Montérégie.
L’exception notable revient à Québec solidaire (QS), dont la porte-parole Ruba Ghazal a consacré la majorité de sa campagne à Montréal. Avec 11 des 21 visites totales du parti dans la métropole, QS adopte une stratégie de maintien des acquis dans les circonscriptions où il est déjà installé. Cette différence d’approche s’explique par la volonté de chaque formation politique de cibler ses électeurs prioritaires. Alors que le PQ et les libéraux ont peu investi leur temps sur l’île, sauf pour les rendez-vous obligatoires, QS a fait plusieurs arrêts dans des circonscriptions comme Verdun ou Saint-Henri–Sainte-Anne, où la bataille est jugée ouverte.
Les régions périphériques : un abandon stratégique
Au-delà de la rivalité Québec-Montréal, certaines régions du Québec ont été totalement exclues des tournées électorales. La Côte-Nord et la Gaspésie n’ont reçu la visite d’aucun chef pendant la première moitié de la campagne, avant que le PQ ne s’y rende à quelques jours du vote. Cette absence est justifiée par les coûts logistiques élevés et le faible nombre de circonscriptions dans ces territoires reculés. Thierry Giasson explique que le coût sur investissement y est moins intéressant pour une campagne électorale classique.
Le Parti québécois (PQ) a toutefois fait un effort particulier pour sillonner des régions traditionnelles, comme la Gaspésie et la Côte-Nord, ainsi que l’Estrie et le Saguenay–Lac-Saint-Jean. Paul St-Pierre Plamondon est le seul chef à avoir visité ces zones périphériques, mais son itinéraire reste concentré sur un nombre limité de régions. Les autres partis ont choisi d’abandonner ces territoires, considérant que leur vote ne sera pas décisif pour l’issue du scrutin. Cette réalité géographique impose une lecture nuancée des résultats : les chefs ont parcouru des milliers de kilomètres en cinq semaines, mais ils ont volontairement laissé certaines parties du territoire sans surveillance directe.
En conclusion, cette campagne électorale se caractérise par une rationalisation extrême des déplacements. Les caravanes ont tenu plus de 500 événements dans l’ensemble du Québec, mais la carte des visites reflète une stratégie de conservation et d’expansion ciblée plutôt qu’une couverture exhaustive.
Sources et traçabilité · 3 sources
Les sources citées ci-dessous documentent le sujet ; leur nombre ne prouve pas qu’elles confirment toutes la même information.
- Où sont allés les chefs? Voyez leur itinéraire de campagneRadio-Canada · 3 octobre 2026
- Itinéraires de campagne Les chefs priorisent Québec, boudent Montréallapresse.ca
- Où se sont arrêtées les caravanes électorales des chefs?ledevoir.com
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