Une inflation perçue qui grimpe

Le paysage économique tel qu’il est vu par les ménages européens s’est assombri au cours du mois dernier. En septembre 2026, le taux médian de l’inflation perçue sur les douze derniers mois a augmenté pour s’établir à 3,6 %, contre 3,5 % en août. Cette hausse s’accompagne d’une révision à la hausse des anticipations relatives aux douze prochains mois, qui ont passé le seuil de 3,0 % pour atteindre 3,1 %.

L’incertitude entourant ces prévisions a également légèrement augmenté, restant supérieure aux niveaux observés avant le début du conflit au Moyen-Orient. Il est notable que cette perception d’inflation plus forte touche davantage les ménages à faibles revenus : ceux-ci continuent de déclarer des anticipations et des perceptions d’inflation plus élevées en moyenne que les ménages aisés.

Un marché du travail sous tension

Les perspectives relatives au marché du travail européen s’annoncent difficiles pour l’année prochaine. Les anticipations des consommateurs concernant le taux de chômage à douze mois ont augmenté, passant de 11,0 % en août à 11,3 % en septembre. Cette hausse contraste avec la stabilité relative des perceptions du chômage actuel, qui se situent à 10,6 %. Cependant, une fracture sociale persiste : les ménages du quintile de revenus inférieur anticipent un taux de chômage futur beaucoup plus élevé (13,6 %) que ceux du quintile supérieur (9,7 %).

Cette divergence illustre la vulnérabilité accrue des populations modestes face aux turbulences économiques. Les participants plus jeunes (18-34 ans) continuent de déclarer des perceptions et anticipations d’inflation moins élevées que les tranches d’âge 35-54 ans et 55-70 ans, bien que leurs craintes concernant le chômage restent partagées.

Croissance en baisse et pouvoir d’achat fragilisé

Au-delà de l’inflation et du chômage, la confiance dans la croissance économique a vacillé. Les anticipations relatives à la croissance économique au cours des douze prochains mois ont diminué, passant de -1,2 % en août à -1,5 % en septembre. En revanche, les anticipations sur la croissance du revenu nominal ont légèrement augmenté pour s’établir à 1,1 %, après 1,0 %.

Par ailleurs, l’estimation de la progression des dépenses nominales sur les douze mois à venir a bondi de 3,6 % pour atteindre 3,7 %. Sur le marché immobilier, les consommateurs s’attendent à une hausse de 3,5 % des prix de leur logement d’ici un an, soit plus qu’en août (3,4 %). En revanche, ce niveau attendu varie selon le groupe social : il demeure plus élevé chez les ménages du bas de l’échelle (4,0 %) comparé à ceux du haut (3,2 %).

Les taux d’intérêt hypothécaires à douze mois sont restés inchangés par rapport à juillet, à 4,9 %, tandis que les ménages aisés continuent d’anticiper des taux plus bas (4,4 %) que les ménages modestes (5,7 %).

Source : Banque centrale européenne — presse — https://www.ecb.europa.eu//press/pr/date/2026/html/ecb.pr261023~a3d201c97c.en.html