Deux nouveaux cycles lancés dans une poule sans répit

Le groupe 1 de la Ligue A ne pardonne aucune approximation : la France et la Turquie le complètent, seuls les deux premiers filent vers les quarts de finale et le dernier descend. Pour l’Italie, l’enjeu dépasse l’entame de campagne. La Squadra Azzurra enchaîne une troisième absence consécutive au Mondial, et la défaite 4-1 subie face à la Norvège en novembre 2025, en éliminatoires, avait scellé la fin de l’ère Gattuso. Mancini, déjà vainqueur de l’Euro 2021 lors de son premier passage, a été rappelé en juillet 2026 pour relancer un projet enlisé. Son premier geste marquant : une liste élargie de 34 joueurs, dont neuf non capés, signe d’un renouvellement assumé plutôt que d’un rafistolage.

En face, Van Bommel découvre pour la première fois le banc d’une sélection nationale. L’ancien milieu de terrain du Barça, du Bayern et du PSV a écarté l’idée d’une défense à cinq et installé le 4-3-3 comme référence, dans la lignée de la tradition néerlandaise. Il a rencontré personnellement Kevin De Bruyne à Naples et échangé avec Romelu Lukaku, manière de ménager les cadres tout en intégrant des profils plus jeunes comme Mathias Fernandez-Pardo.

Absences lourdes et charnière à surveiller

La Belgique se présente amputée. Thibaut Courtois, 34 ans et titulaire indiscutable au Real Madrid, a demandé à ne pas être convoqué. Jérémy Doku et Amadou Onana sont blessés, et Axel Witsel a mis un terme à sa carrière internationale. Van Bommel a toutefois maintenu Youri Tielemans comme capitaine et rappelé Romeo Lavia. Six joueurs évoluant en Serie A figurent dans le groupe belge, dont De Bruyne, Arthur Theate, Charles De Ketelaere et Thomas De Winter.

Le point faible belge se situe en charnière centrale, où la paire Debast-Theate n’offre pas les garanties des générations précédentes. L’Italie pourrait exploiter cet espace par les appels en profondeur et les projections de Davide Frattesi depuis le milieu. Le couloir gauche italien, lui, perd Federico Dimarco, forfait après un test physique manqué et remplacé par Matteo Ruggeri, qui devra tenir face à Lukebakio ou Diego Moreira. Bryan Cristante, indisponible, cède sa place à Samuele Ricci, et Nicolo Barella, signalé gêné, reste dans le groupe sans certitude sur son utilisation d’entrée.

Un historique qui pèse sur les Diables

Les confrontations directes penchent nettement du côté italien. En 26 rencontres, la Squadra Azzurra s’est imposée 17 fois, pour cinq nuls et quatre succès belges. La tendance récente est plus lourde encore : l’Italie a remporté quatre de ses cinq derniers duels. En novembre 2024, à Bruxelles, Sandro Tonali avait offert la victoire 1-0 et la qualification pour les demi-finales de la Ligue des Nations. Le match aller d’octobre 2024, à Rome, s’était achevé sur un 2-2, la Belgique ayant refait deux buts de retard. Le dernier grand choc remonte au quart de finale de l’Euro 2020, à Munich, gagné 2-1 par les Italiens. La dernière victoire belge date de novembre 2015, en amical, 3-1 : depuis, sept matchs sans succès.

Ce que le terrain devra trancher

Mancini a confirmé avoir testé un 4-3-3 à l’entraînement, tout en revendiquant sa flexibilité. Les deux équipes devraient donc s’aligner dans le même système, ce qui promet un duel de milieux dense. Devant, Moise Kean et Gianluca Scamacca se disputent la pointe, entre mobilité et présence physique. Côté belge, Lukaku apporterait un point de fixation, mais Van Bommel a prévenu qu’il ne l’alignerait pas sur les quatre rencontres du rassemblement. L’Italie reste sur deux victoires 1-0 en juin, contre le Luxembourg et la Grèce, et sur un bilan de trois victoires, d’un nul et d’une défaite lors de ses cinq dernières sorties. La Belgique, elle, sort d’un Mondial offensif ponctué de 12 buts en trois matchs de poule, avant de tomber 1-2 face à l’Espagne. Reste une inconnue : la capacité de deux projets naissants à tenir un rythme de compétition dès la première journée.