Une décélération portée par les services et le tourisme

La baisse du taux d’inflation annuelle ne doit pas être interprétée comme une chute généralisée de tous les prix, mais plutôt comme un effet de la dynamique spécifique des services. En octobre 2026, les tarifs de ces derniers affichent une hausse annuelle de 2,8 %, ce qui représente une nette amélioration par rapport aux 3,4 % relevés en septembre. Cette contribution moins élevée des prix des services agit comme un frein mécanique à l’ensemble de l’indice.

Parallèlement, le secteur du tourisme enregistre également une baisse significative. Les billets d’avion voient leur prix diminuer de 15,1 % par rapport au mois précédent, tout en restant légèrement inférieur en variation annuelle avec une hausse de -1,5 %. De même, les voyages à forfait diminuent de 2,0 % sur un mois, bien qu’ils restent en hausse de 11,1 % sur un an.

Ces mouvements conjugués permettent d’atténuer la pression inflationniste globale.

La mécanique des services et l’effet de base énergétique

Cette décélération de l’inflation s’explique principalement par une contribution moins élevée des prix des services, dont la hausse annuelle passe de 3,4 % en septembre à 2,8 % en octobre. Ce ralentissement est porté par des baisses saisonnières spécifiques, notamment dans les crèches et maisons relais qui perdent 6,0 % par rapport au mois précédent, tout en s’accompagnant d’une chute marquée du prix des billets d’avion (-15,1 %) et de la baisse des voyages à forfait (-2,0 %).

Parallèlement, certaines catégories affichent des augmentations contrastées, comme le transport de voyageurs par taxi (+3,3 %) ou les services vétérinaires (+3,1 %), tandis que l’agrégat énergie diminue de 0,2 % en comparaison mensuelle malgré une hausse annuelle persistante de 13,2 %.

Les dynamiques sous-jacentes mettent en lumière la précarité des coûts énergétiques sur une année, avec une augmentation du fioul de 64,8 %, du diesel de 45,1 % et de l’essence de 24,6 %, tandis que les soutiens du Resilienzpak étendus jusqu’à décembre 2027 pour le gaz, l’électricité et le mazout freinent provisoirement la montée des prix.

Sans cette mesure, l’inflation aurait avoisiné 3,1 % en 2027. La situation des produits alimentaires montre une divergence marquée entre les légumes (+6,3 %) et la viande fraîche (+3,3 %) d’un côté, et les fruits (-2,0 %) ou les pâtes (-4,1 %) de l’autre.

Ces mouvements conjugués atténuent globalement la pression sur le panier de consommation, mais la persistance des hausses dans certains postes clés, comme les voitures neuves (+0,8 %) ou les ordinateurs et tablettes (+6,9 %), indique que la baisse générale ne reflète pas une chute universelle des prix. La prochaine tranche indiciaire prévue au 2e trimestre 2027 dépendra de l’évolution de ces indicateurs, confirmant que le contexte reste incertain avec deux scénarios alternatifs élaborés par le Statec selon l’aggravation ou la détente des marchés internationaux.