Le PQ au pouvoir avec 28 % de votes : la CAQ sans aucun député
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Le Parti québécois forme un gouvernement minoritaire avec 28 % des voix après les élections du 5 octobre, tandis que la CAQ obtient 13,3 % sans aucun député. Ce scrutin met en lumière les distorsions du mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour au Québec.
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Le portrait politique du Québec s’est redessiné avec une brutalité qui ne laisse pas indifférent les observateurs. À l’issue des élections provinciales du 5 octobre, le Parti québécois (PQ) a remporté la victoire en formant un gouvernement minoritaire, mais avec un pourcentage de suffrages historiquement bas. Selon les résultats consolidés, cette formation politique recueille seulement 28 % des voix pour obtenir 59 sièges à l’Assemblée nationale. Ce résultat marque un record électoral depuis 2012, lorsque le parti avait été porté au pouvoir avec 32 % des voix et 54 sièges. La distorsion entre la volonté populaire exprimée dans les urnes et la composition finale de l’hémicycle est ici particulièrement flagrante.
Au cœur de ce scrutin, une situation paradoxale émerge avec une clarté troublante. La Coalition avenir Québec (CAQ), qui occupait le pouvoir avant le vote, a obtenu 13,3 % des suffrages exprimés, soit environ 571 000 voix. Pourtant, aucun député caquiste n’a été élu. Cet échec électoral contraste violemment avec celui de Québec solidaire (QS), qui, récoltant moins de votes — précisément 12,4 %, soit environ 532 000 suffrages — parvient à faire élire neuf députés. La CAQ récolte donc près de 40 000 voix de plus que QS, mais le système électoral actuel ne lui accorde aucun siège. Pour la formation de Paul St-Pierre Plamondon, les 13,3 % obtenus n’ont permis à aucun candidat d’arriver en tête dans sa circonscription respective.
Le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour explique
Le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour explique cette géographie électorale surprenante. Le Québec est divisé en 127 circonscriptions, chacune élisant un seul député selon le principe du premier arrivé, premier servi. Seuls les candidats arrivant premiers dans leur territoire sont élus, que ce soit avec une majorité écrasante ou un résultat très serré. Pour obtenir une majorité absolue, il aurait fallu atteindre le seuil de 64 sièges, un objectif qui reste hors de portée pour tous les partis en lice. La balance du pouvoir revient ainsi au PQ et aux petits partis comme Québec solidaire avec respectivement 9 et 19 sièges.
Les experts soulignent que ce système, hérité d’une tradition britannique, favorise les grands partis qui parviennent à concentrer leurs votes dans certaines régions, au détriment des autres. Le Parti libéral du Québec (PLQ), deuxième force politique avec 24,2 % des voix, conserve son rôle d’opposition officielle mais voit ses chances de représentation réduite à 32 sièges, soit 8 de moins qu’en vertu du scrutin actuel.
Les critiques pointent du doigt le fait que la CAQ, malgré sa promesse faite en 2018 de réformer le mode de scrutin, ne semble pas avoir tenu parole. Si la réforme du mode de scrutin proportionnel mixte avec compensation régionale est évoquée depuis des décennies, son adoption reste incertaine dans un contexte où l’instabilité politique pourrait freiner les changements structurels.
Sources et traçabilité · 4 sources
Les sources citées ci-dessous documentent le sujet ; leur nombre ne prouve pas qu’elles confirment toutes la même information.
- Élections québécoises : et si on avait eu la proportionnelle?Radio-Canada · 7 octobre 2026
- Le Québec est-il prêt à revoir son mode de scrutin - La Presselapresse.ca
- Élections Québec 2026 | Le mode de scrutin au Québec fonctionne-t-il ...ledevoir.com
- Élections au Québec : 13,3 % des voix et aucun député, comment est-ce ...lepetitjournal.com
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