Jusqu’au 13 novembre prochain, quelque 2.700 athlètes, tous âgés de 17 ans au plus, sont attendus pour disputer les compétitions dans trois villes sénégalaises : Dakar, Diamniadio et Saly. La flamme olympique a préalablement parcouru un itinéraire de 3.600 kilomètres lors d’une tournée à travers les 14 régions du pays avant l’ouverture officielle. Au total, 136 athlètes sénégalais participent à cette édition, qui se déroule sur huit sites différents répartis dans ces trois localités côtières et urbaines.

Un retour symbolique pour la Russie olympique

La quatrième édition de ces Jeux de la jeunesse s’ouvre dans un contexte géopolitique particulier. Le Comité olympique international ayant levé en juillet la suspension du Comité olympique russe, ces JOJ constituent la première compétition où les athlètes russes peuvent concourir avec leurs couleurs nationales depuis l’invasion de l’Ukraine début 2022. Selon le Comité olympique russe (ROC), treize athlètes sont présents pour des disciplines variées incluant le cyclisme, le judo, l’équitation et la natation.

Mikhaïl Degtiarev, ministre russe des Sports et président du ROC, a affirmé lors d’une rencontre à Moscou que « après vos victoires, et je suis convaincu qu’il y en aura, l’hymne russe sera joué et le drapeau russe sera hissé ». Cependant, cette participation reste conditionnée aux décisions des fédérations internationales spécifiques ; ainsi, World Athletics persiste à exclure les Russes de l’athlétisme, contrairement aux fédérations de natation ou de judo qui ont autorisé leur retour.

Entre fierté continentale et réalités économiques

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a salué l’événement en déclarant que « toute la jeunesse africaine regarde avec confiance et avec fierté » depuis Dakar. Il a souhaité que les visiteurs retiennent que la jeunesse du continent est « débordante d’énergie, qu’elle est debout et déterminée ». Néanmoins, cet effervescence se déroule dans un Sénégal confronté à une dette publique lourde et à une crise économique et sociale aiguë. L’engouement populaire reste mitigé face aux préoccupations quotidiennes des citoyens, bien que les autorités aient mené des travaux d’infrastructure dans les trois villes hôtes. Les investissements engagés visent à laisser un héritage durable en termes de formation et de compétences pour l’avenir.

Une question de droits humains au cœur du débat

Au-delà du sport, la préparation de ces Jeux soulève des questions éthiques majeures. L’ONG Human Rights Watch (HRW) a interpellé les autorités sénégalaises, les invitant à cesser la « répression brutale » contre les personnes LGBT+, suite au vote en mars d’une nouvelle loi doublant les peines pour les relations homosexuelles. HRW rappelle que la Charte olympique bannit toute discrimination et engage chaque pays hôte à respecter les droits humains fondamentaux.

Par ailleurs, ces Jeux de Dakar présentent une première historique : l’équipe olympique de réfugiés, composée d’athlètes basés en Afrique, y participe pour la première fois. Pour le CIO, cette édition marque « une étape importante pour le continent » et permet de mettre en valeur la richesse culturelle du Sénégal ainsi que le rôle croissant de l’Afrique dans le mouvement olympique mondial.