La Ville de Liège traverse une crise sécuritaire depuis le début du mois d’octobre, marquée par des violences urbaines répétées qui ont mis en péril la tranquillité publique et la sécurité des citoyens. Face à une dégradation inacceptable de la situation, le bourgmestre Willy Demeyer a pris, mercredi soir, la décision radicale d’instituer une interdiction totale des rassemblements impliquant plus de trois personnes sur l’ensemble du territoire communal.

Une mesure exceptionnelle et temporaire

L’ordonnance prise par l’exécutif local entre en vigueur dès 6 heures ce jeudi 8 octobre 2026, selon la police de Liège. Cette interdiction couvre strictement la voie publique et les lieux publics de la commune, avec une durée limitée jusqu’au 16 octobre à 23h59. Le bourgmestre précise que cette mesure provisoire cessera ses effets à ce terme précis, sauf en cas d’abrogation anticipée ou d’une prolongation dûment motivée par les autorités compétentes. La décision vise à prévenir la survenance de nouveaux troubles graves à l’ordre public, considérés comme une menace réelle et immédiate pour la sécurité des personnes et la protection des biens.

Un bilan lourd en blessés et dégradations

Les événements ayant conduit à ce verrouillage législatif local sont d’une violence sans précédent depuis le 1er octobre. Les forces de l’ordre ont dû faire face à une série d’incidents graves, notamment des incendies volontaires de mobilier urbain, la destruction gratuite de biens publics et privés, ainsi que des entraves systématiques à la circulation. La situation s’est encore envenimée ce mercredi après-midi avec des heurts violents dans le centre-ville dès 16h45, durant lesquels plusieurs commerces ont été pris pour cible, comme la bijouterie Marchal ou la Fnac.

Les services de secours et de police ont dû intervenir à plusieurs reprises pour éteindre des incendies, disperser des foules agitées par les gaz lacrymogènes et l’autopompe, et soigner les membres des forces de l’ordre blessés lors des interventions. Au total, plus de cinquante arrestations administratives et judiciaires ont été enregistrées à ce stade de la crise. La police a également fait état de nombreux jets de projectiles, incluant des pavés, des pierres et des mortiers d’artifice, lancés contre les agents en service.

Une mobilisation massive des forces de sécurité

Face aux capacités limitées du dispositif local, la Ville de Liège et la Zone de Police ont nécessité l’intervention de renforts considérables. Des unités de la Police Fédérale, mais aussi des zones de police provenant de Bruxelles et d’Anvers, ont été déployées sur le terrain pour soutenir les opérations. La circulation du tram a été fortement perturbée, voire totalement interrompue dans l’hyper-centre durant une grande partie de la journée, tandis que la gare de Liège-Guillemins a dû être fermée temporairement par mesure de sécurité avant de rouvrir à 18h30.

Les autorités soulignent avec fermeté que ces violences portent atteinte au vivre-ensemble et à l’intégrité physique des habitants, y compris des étudiants et des commerçants. La police rappelle que certains rassemblements ont été organisés ou encouragés via des réseaux sociaux et plateformes numériques, créant un risque de réitération élevé tant que les appels à la mobilisation continueront de circuler. Les enquêtes en cours tendent désormais à identifier les responsables de ces dégradations et de ces incitations à la violence.