Benyamin Nétanyahou a pris la parole jeudi à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, entouré d’une atmosphère marquée par le rejet et l’hostilité. L’événement s’est déroulé dans une salle en grande partie vide, car environ 40 % des pays membres ont refusé de suivre son discours jusqu’au bout. Une centaine de délégations, soit 77 au total selon les comptes rendus disponibles, avaient quitté la salle avant même le début ou pendant l’intervention du Premier ministre israélien.

Face à ce silence et à ces départs massifs, Benyamin Nétanyahou a lancé une diatribe visant directement ceux qui ne partageaient pas sa vision de la sécurité nationale.

Une riposte ciblée contre les critiques occidentales

L’orateur s’est notamment emparé de la question du colonialisme, un terme qu’il a qualifié d’invention spécifique attribuée à des pays comme la France et la Grande-Bretagne. Il a lancé : « Ils accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme, quel colonialisme ? », avant de pointer du doigt ces nations européennes en les accusant d’avoir forgé cette étiquette politique. Son intervention portait également sur l’Iran, où il a affirmé que Téhéran avait été empêché de se doter d’armes nucléaires par une coalition incluant Israël et les États-Unis. Il a assuré que le régime iranien finirait inévitablement « par tomber », soulignant la menace permanente que représenteraient des bombes atomiques pour Israël et le monde entier.

Un climat tendu à New York et une défense de la sécurité juive

L’ambiance autour du siège de l’ONU était électrique, avec des manifestations violentes en dehors du bâtiment. Parmi les figures publiques arrêtées par la police new-yorkaise se trouvait l’actrice Susan Sarandon, qui protestait contre sa présence. À l’intérieur comme à l’extérieur, Benyamin Nétanyahou a défendu la sécurité des Juifs résidant à New York, accusant le maire de cette ville, Zohran Mamdani, d’avoir créé un climat d’insécurité depuis son élection.

Il a également évoqué l’attaque à la voiture-bélier survenue en Cisjordanie occupée, où le fils de l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, a été gravement blessé mercredi.

Un discours court au terme d’une visite éphémère

Le Premier ministre israélien n’a pas prolongé son séjour à New York. Arrivé dans la matinée, il devait repartir immédiatement après avoir prononcé son allocution, limitant sa présence à moins de 24 heures. Cette brièveté s’explique par le contexte politique interne, car Benyamin Nétanyahou se trouve en pleine campagne pour les élections législatives israéliennes. Il doit justifier sa politique face à des critiques croissantes, tout en minimisant l’ampleur des violences de colons en Cisjordanie, qu’il estime concerner une « poignée de jeunes délinquants ». Sa rhétorique, teintée d’une colère contenue mais percutante, illustre une stratégie de contre-attaque face à une isolation diplomatique grandissante, sans pour autant ignorer les réalités géopolitiques complexes qui façonnent encore le conflit au Moyen-Orient.