Une stabilisation fragile après des révisions significatives

La publication officielle dévoilée par l’Insee indique que l’évolution du PIB en volume s’est montrée stable au deuxième trimestre 2026, marquant un arrêt du recul observé au premier trimestre où la croissance avait chuté de 0,2 %. Cependant, cette apparente sérénité repose sur une méthodologie révisée : l’évolution du PIB au deuxième trimestre est revue à la baisse de 0,2 point après arrondi, tandis que celle du premier trimestre subit également un ajustement négatif de 0,1 point. Ces modifications statistiques s’expliquent par la prise en compte d’une situation dégradée de la production agricole et par des prix dans les services marchands plus dynamiques qu’anticipés, notamment dans les transports. L’Insee précise que ces révisions sont nécessaires pour intégrer de nouvelles informations disponibles après fin juillet et actualiser les coefficients de correction des variations saisonnières.

La demande intérieure tire la croissance malgré l’investissement en berne

Au cœur de cette dynamique trimestrielle, c’est la demande intérieure finale hors stocks qui porte le poids de la croissance, contribuant à hauteur de 0,2 point au total. Ce rebond s’appuie sur une consommation des ménages qui rebondit de 0,3 % après un trimestre précédent négatif, tandis que les dépenses de consommation des administrations publiques accélèrent légèrement avec une hausse de 0,4 %. En revanche, la formation brute de capital fixe (FBCF) continue de reculer légèrement de 0,3 %, pénalisée par une baisse persistante dans les services marchands (-0,6 %) et un repli marqué dans le secteur de la construction (-0,2 %). Les rémunérations perçues par les foyers progressent à une cadence similaire du trimestre précédent (+0,3 %), mais cette progression ne suffit pas à compenser l’érosion des revenus réels.

Le pouvoir d’achat en recul et un marché du travail sous tension

Derrière ces agrégats macroéconomiques se profile une situation difficile pour les ménages français. Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut par unité de consommation recule nettement de 0,6 % sur le trimestre, aggravant la contrainte budgétaire des foyers. Ce phénomène s’explique par l’accélération des prix à la consommation (+1,0 %) qui dépasse la progression des revenus, alors que les impôts et cotisations accélèrent eux-mêmes de 0,9 %. Parallèlement, le marché du travail affiche des signes de fragilité : le taux de chômage atteint 8,3 %, soit 0,2 point de plus qu’au trimestre précédent, tandis que l’emploi salarié recule de 0,1 %. Le taux d’épargne des ménages fléchit fortement pour s’établir à 17,2 % de leur revenu disponible brut, contre 17,9 % au premier trimestre. La contribution positive du commerce extérieur (+0,6 point) ne parvient pas totalement à compenser l’effet négatif des variations de stocks (-0,7 point), qui ont fortement pénalisé la croissance ce trimestre après un rebond précédent.