Le jeu diplomatique s’est accéléré à New York alors que Téhéran tentait de relancer le dialogue avec Washington. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a présenté une offre conditionnelle destinée à désengager le détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le commerce mondial. Cette proposition, avancée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, repose sur un calendrier serré : la réouverture effective du passage maritime devrait intervenir dans les sept jours suivant l’acceptation des termes par les États-Unis.

Les conditions inéluctables posées par Téhéran

Pour que ce délai de sept jours soit tenu, Abbas Araghchi a détaillé un ensemble d’exigences qui redessinent la carte du conflit actuel. La première condition majeure concerne la sécurité des navires : les États-Unis doivent lever immédiatement leur blocus naval et suspendre toutes les sanctions économiques ciblant spécifiquement le secteur pétrolier iranien. Sans ces gestes de dé-escalade militaire, l’offre reste théorique.

Ensuite, une trêve régionale globale est impérative. Le cessez-le-feu doit être total et définitif sur tous les fronts du Moyen-Orient, incluant explicitement le Liban et le Yémen. Cette exigence vise à arrêter la violence directe qui entrave toute négociation sérieuse. Enfin, Téhéran exige le déblocage de ses avoirs gelés à l’étranger, un levier économique crucial pour son économie en souffrance.

Le montant des avoirs et le contexte géopolitique

La question financière est centrale dans cette nouvelle proposition iranienne. Les médias locaux avaient estimé au printemps que les avoirs bloqués par Washington s’élevaient à hauteur de 12 milliards de dollars, soit environ 11 milliards d’euros. C’est ce montant qui doit être libéré pour accompagner la fin des hostilités. Cette demande reprend l’ossature du protocole d’accord avorté signé en juin entre Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian.

Ce précédent accord prévoyait une période transitoire de 60 jours, mais il s’est effondré lorsque l’Iran a repris ses attaques contre le trafic maritime. La nouvelle offre vise donc à réactiver ce processus avec un calendrier plus urgent, sous la pression des prix du pétrole élevés qui alimentent l’inflation mondiale. Trita Parsi, du groupe de réflexion Quincy Institute, a noté que cette proposition pourrait offrir un avantage politique immédiat au président américain Donald Trump avant les élections de mi-mandat de novembre.

Une méfiance persistante et la réponse américaine

Malgré ces avances, une profonde méfiance entoure la validité de cette offre. Certains analystes craignent que Téhéran ne cherche simplement à gagner du temps pour exporter davantage de pétrole tout en soulageant ses propres difficultés économiques internes. De plus, des responsables américains, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, ont indiqué qu’ils étaient ouverts à échanger des idées, mais n’ont pas encore donné suite formelle. Donald Trump lui-même a laissé entendre qu’il n’était pas pressé de conclure cet accord.

Le détroit d’Ormuz reste donc suspendu entre une volonté iranienne affichée et la prudence américaine. Pour les assureurs et les transporteurs, la reprise effective de la navigation dépendra de mesures observables sur les ports et de la sécurité réelle des navires. Aucune date précise de réouverture n’est confirmée tant que Washington n’aura pas validé les conditions posées par le ministère iranien des Affaires étrangères.