Le mardi 22 septembre 2026, Donald Trump a tenu tribune devant l’Assemblée générale des Nations unies pour lancer une offensive diplomatique sans précédent contre la Cour pénale internationale (CPI). Le président américain, installé à la Maison-Blanche depuis son retour au pouvoir, a qualifié l’institution de La Haye d’« institution hors de contrôle » et d’entité « voyou ». Dans un discours prononcé à New York, il a enjoint formellement tous les pays membres de ce tribunal de se retirer immédiatement. Cette demande s’inscrit dans une stratégie américaine visant à démanteler la juridiction internationale, perçue comme menaçant la souveraineté des États-Unis et le personnel militaire américain.

Une pression ciblée sur les magistrats et le personnel

Cette prise de position verbale ne s’accompagne pas uniquement de mots. L’administration Trump a déjà déployé une série de mesures coercitives à l’encontre du fonctionnement interne de la Cour. Selon les informations disponibles, plus d’une douzaine de membres du personnel, incluant des juges actuels et anciens, ont fait l’objet de sanctions financières et de restrictions de visa. L’avocat des droits humains Adam Keith précise que ces sanctions individuelles ont atteint leur point culminant avec celle visant la présidente de la Cour, la Japonaise Tomoko Akane.

Cette vague de répression viserait particulièrement les magistrats ayant pris des décisions concernant les dossiers palestinien et afghan, domaines où Washington voit ses intérêts géopolitiques bafoués.

La stratégie du « démantèlement » et les effets en chaîne

Le secrétaire d’État Marco Rubio a lui-même promis de réduire la Cour « brique par brique ». Cette approche vise à dissuader les pays signataires du Statut de Rome de maintenir leurs engagements. Actuellement, la CPI compte 125 États membres. Toutefois, certains gouvernements ont déjà tourné le dos à La Haye : l’Ukraine a modifié sa Constitution en janvier 2025 pour s’y rallier, mais d’autres nations, notamment au Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) ou en Amérique latine (Venezuela), ont procédé à leur retrait. Washington cherche activement à convertir ces gouvernements populistes conservateurs à sa cause, espérant réduire le nombre de pays adhérant à la Cour.

Les craintes d’un effondrement systémique

Au-delà des aspects politiques, les experts s’inquiètent des conséquences financières et opérationnelles d’une telle escalade. L’avocate internationale Sara Segneri met en garde contre l’impact potentiel sur les services bancaires et commerciaux essentiels. Si la Cour entière était désignée dans son ensemble par les sanctions américaines, les entreprises américaines verraient leur marge de manœuvre réduite pour fournir leurs services habituels. Les paiements, les salaires et les contrats avec les fournisseurs pourraient être paralysés, rendant le travail d’enquête et l’exécution des mandats impossibles.

La communauté internationale observe donc une tempête se profiler, tandis que la Cour tente de migrer vers des fournisseurs technologiques alternatifs pour assurer sa survie technique.