Lundi 05 octobre 2026, une interview diffusée par la RTS met en lumière une situation paradoxale au cœur du paysage armurier suisse. Un collectionneur anonyme, intervenant dans l’émission de 19h30, assume publiquement la détention d’armes à feu non déclarées auprès des autorités cantonales. Cette pratique, qualifiée d’illégalité par le locuteur lui-même, trouve son origine dans un changement législatif majeur intervenu en 2019 avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les armes.

La Suisse abrite actuellement environ 2,5 millions d’armes détenues

La Suisse abrite actuellement environ 2,5 millions d’armes détenues légalement par des particuliers. Ce chiffre officiel ne reflète cependant pas l’intégralité des collections privées existantes. Le collectionneur interviewé précise posséder une quinzaine d’armes au total, dont plusieurs exemplaires échappent à la déclaration obligatoire. Parmi les pièces présentées aux caméras figurent un mousqueton de l’armée suisse datant de 1931, un pistolet-mitrailleur Uzi et une Kalachnikov AK-47. Ce dernier modèle, semi-automatique, est équipé d’un magasin capable de contenir 30 coups. L’homme explique qu’il risque une bonne amende en cas de contrôle de police, ce qui obligerait les forces de l’ordre à justifier le contenu de son véhicule et de son domicile, déclenchant ainsi une grosse enquête.

Le détenteur justifie sa position par le contexte historique des années 1980 et 1990. À cette époque, la procédure d’acquisition était considérée comme beaucoup plus simple. Il relate son achat de l’AK-47 lors d’une bourse aux armes à la fin des années 80 : il suffisait de présenter une pièce d’identité, de mettre l’argent sur la table et de repartir avec l’arme. Pour lui, le citoyen avait alors une confiance absolue de l’État. Concernant son Uzi, il précise que la démarche a été plus complexe, nécessitant plusieurs papiers supplémentaires, mais qu’elle a tout de même été effectuée légalement selon les standards de l’époque. Il affirme que pour le mousqueton de 1931, fabriqué à 600’000 exemplaires, il ne s’agit pas d’une erreur mais d’un choix de principe.

Le cadre légal ayant changé depuis, le collectionneur refuse de se « dénoncer » auprès de l’État. Il soutient que le détenteur et l’arme sont restés identiques, seule la réglementation ayant évolué. Jacqueline de Quattro, conseillère nationale PLR vaudoise invitée dans l’émission, exprime une ouverture à un durcissement de la loi. Elle suggère notamment l’introduction d’un contrôle psychologique pour les détenteurs d’armes, estimant qu’il faut se concentrer sur la personne plutôt que sur l’objet lui-même. La cheffe de la Commission de la sécurité au Conseil national précise également que l’acquisition d’armes en Suisse ne relève pas d’un processus commercial libre. « en libre-service » et que la loi a déjà été renforcée en 2019. Cependant, elle se dit prête à discuter d’un durcissement au Parlement si cela s’avère nécessaire. Le collectionneur termine en affirmant connaître des personnes possédant plusieurs centaines d’armes non déclarées, soulignant l’étendue réelle du phénomène qui dépasse largement le cas isolé présenté.