Un repli technique sur fond d’espoirs diplomatiques

Les cours de l’or noir ont connu une séance contrastée, marquée par un reflux significatif après une envolée la semaine précédente. Le baril de Brent, référence européenne pour la livraison en décembre, a perdu 0,78 % pour s’établir à 115,81 dollars, après avoir touché un creux intra-journée de 114,00 dollars. Parallèlement, son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), a enregistré une perte plus marquée de 1,46 %, finissant sur 101,76 dollars pour livraison au même mois.

David Morrison, analyste chez Trade Nation, explique que ce repli s’explique principalement par des prises de bénéfices : les traders ont préféré sécuriser leurs gains accumulés durant la longue phase haussière observée récemment. Selon les experts consultés, la chute des prix s’explique aussi par l’optimisme concernant une reprise des négociations politiques dans la région du Moyen-Orient.

La dynamique régionale et les perspectives d’attaque américaine

Au-delà de la technique pure, le contexte géopolitique joue un rôle déterminant dans l’humeur des marchés. Robert Yawger de Mizuho USA observe que la poursuite possible des pourparlers entre Téhéran et le trio formé par l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie a mis fin à la tendance haussière. Ces discussions, qui ont eu lieu lundi à Téhéran selon la télévision d’État iranienne, rassurent les investisseurs sur une désescalade possible.

Cependant, des tensions persistent : Gregory Brew d’Eurasia Group alerte sur le risque d’une attaque américaine contre l’Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre, un scénario qui pourrait à nouveau faire exploser les cours. De plus, la situation au Yémen reste volatile, avec les Houthis ayant revendiqué des frappes contre des infrastructures pétrolières saoudiennes.

Résilience des producteurs et limites de la production koweïtienne

Malgré ces incertitudes, les producteurs du Golfe Persique continuent d’adapter leur stratégie. Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, indique que les exportations du Golfe hors Iran ont atteint en septembre 19,2 millions de barils par jour, soit 81 % des niveaux d’avant-conflit. Toutefois, une fracture subsiste entre le brut et les produits raffinés : si les exportations de brut sont revenues à 91 %, celles de produits raffinés ne représentent encore que 60 % de leurs quantités précédentes.

Le cas du Koweït montre bien ce problème : son dirigeant, Cheikh Nawaf Saud al-Sabah, a indiqué que la production actuelle dépasse légèrement les 2 millions de barils journaliers, contre 2,6 millions avant le début des hostilités. Cette baisse drastique s’explique par l’incapacité à exporter pendant la première phase du conflit, le Koweït ayant dû se contenter de sa demande domestique.