Zurich et Argovie relancent l’offensive

Fin août, les Parlements cantonaux de Zurich et d’Argovie ont approuvé des motions qui visent à interdire le port du foulard islamique dans l’école publique, selon la matière fournie par RTS et les autres sources du dossier. À Zurich, le vote a été serré : 87 voix contre 82, indique W4. Les exécutifs cantonaux sont maintenant chargés d’élaborer un projet de loi, ce qui donne à ces textes un premier débouché concret, même si rien n’est encore adopté au niveau législatif. La démarche n’est donc pas une simple posture symbolique ; elle oblige les autorités à transformer une intention politique en texte juridiquement tenable, ou à constater qu’elle ne l’est pas.

Le dossier précise aussi que la question ne se limite pas à Zurich et à l’Argovie. Des textes similaires sont à l’étude à Berne, Zoug et Schaffhouse, selon la matière retenue. En outre, le Parlement argovien est revenu à la charge cette semaine en adoptant une autre motion, portée par l’UDF, l’UDC, le Centre et le PLR, qui vise cette fois les fonctionnaires et les vêtements ou symboles religieux ostentatoires au travail. Les auteurs ont explicitement évoqué le corps enseignant, ce qui montre que la frontière entre débat scolaire et débat sur la neutralité des agents publics devient de plus en plus poreuse.

Un mur constitutionnel déjà identifié

Le point de friction principal est connu depuis longtemps. En 2015, le Tribunal fédéral a jugé qu’une interdiction générale du voile dans les écoles publiques n’était pas conforme à la Constitution, rappelle W1 et la matière source commune. Le même dossier rappelle qu’il s’agissait alors d’un litige opposant une famille musulmane de St. Margrethen, dans le canton de Saint-Gall, aux autorités scolaires qui avaient interdit le voile à une élève de 12 ans. Autrement dit, les cantons avancent dans un espace juridique où la plus haute juridiction du pays a déjà tracé une limite nette.

Le Conseil fédéral ne dit pas autre chose. Dans son rapport du 22 octobre 2025, cité par W1, il s’oppose à une interdiction générale du voile pour les enfants dans les écoles publiques. Il estime que les cantons doivent déjà garantir l’accès à tous les cours obligatoires et qu’ils disposent de solutions simples dans la pratique, y compris pour les cours de natation. Le gouvernement fédéral insiste aussi sur un point décisif : l’instruction publique relève des cantons, et une règle visant spécifiquement les symboles religieux poserait un problème de discrimination. Le dossier ne laisse donc pas place à l’ambiguïté : la pression politique existe, mais l’architecture constitutionnelle demeure un obstacle sérieux.

Le débat glisse vers les enseignantes et la société civile

La controverse ne concerne pas seulement les élèves. La matière retenue rappelle que l’interdiction du hijab pour les enseignantes, déjà en vigueur en Suisse romande, agite aussi certains Parlements de Suisse alémanique. À Saint-Gall, une affaire a ravivé la discussion durant l’été : à Goldingen, l’école primaire d’Eschenbach a renoncé à engager une jeune femme voilée, après des protestations de parents, selon W2. Cette séquence a relancé la motion de l’UDC cantonale sur le port du voile par les enseignantes dans les écoles publiques.

Sur le terrain politique, les lignes sont nettement dessinées. À Zurich et en Argovie, l’UDC et le PLR ont soutenu les interdictions, tandis que la gauche s’y est opposée ; le Centre et les Vert’libéraux sont partagés, selon la matière source. Le dossier mentionne aussi une mobilisation hors des parlements : le Conseil central islamique de Zurich a annoncé qu’il soutiendrait un référendum après le vote zurichois, et plus de 1000 personnes se seraient déjà inscrites sur sa messagerie. Samedi après-midi, une centaine de personnes ont manifesté contre le projet, issues de plusieurs partis et religions, parmi lesquelles des femmes voilées. Le débat reste donc vivant, mais ce qui est établi, à ce stade, tient en une ligne : des motions ont été adoptées, des gouvernements cantonaux doivent écrire des projets, et le juge constitutionnel, lui, a déjà parlé.